Restons éveillés

Publié le par lenuki

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Les hommes éveillés, quels que soient leurs dissentiments, n’ont qu’un monde ; mais les hommes endormis ont chacun leur monde ; c’est ce qui fait exister l’opposition, la politique et la haine »

                                                                                   Héraclite d’Ephèse

La philosophie invite, comme chacun sait, à rester éveillé (éveil des sens et de l’intelligence). L’éveil, en effet, c’est ce qui nous permet de regarder le monde qui nous entoure non pas en le rêvant, mais en toute lucidité, et donc de lui donner un sens que l’on peut partager. Et cette visée d’un sens universel, cette visée de vérité nous permet aussi de surmonter nos dissensions premières pour se référer au même monde, par-delà la subjectivité de chacun qui l’enferme dans ses opinions, ses illusions et ses croyances approximatives.

Aussi, pour être pleinement cet « animal politique » dont parle Aristote, être de relation et de dialogue, il ne faut pas être endormi. Sinon, ce qui nous guette ce sont des cauchemars, c’est-à-dire des luttes à mort, des guerres indépassables parce que répétées sans cesse et sans trêve. Or, si selon Héraclite, « le combat est le père de toute chose », c’est parce qu’il peut être dépassé, transcendé dans ce qu’il permet de construire ensemble, une fois nos dissentiments mis au jour au point d’apparaître comme des malentendus fondés sur une méconnaissance du sens des mots et des choses. Etre éveillé, c’est donc commencer, en suivant l’exemple de Socrate, par définir les concepts que nous utilisons pour penser le monde, et être capable de remettre en question nos opinions, nos illusions, voire nos croyances dans lesquelles nous nous enfermons comme un être endormi dans ses rêves les plus insensés.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article