Réchauffement climatique et migration des populations

Publié le par lenuki

Les réfugiés de l'environnement (première partie)

NOUVELOBS.COM | 18.04.2008 | 12:03

La Terre chauffe et avec elle beaucoup de territoires autrefois accueillants deviennent inhabitables pour leurs occupants traditionnels. Du coup, les populations résidentes sont obligées d'aller s'installer ailleurs. Ces nouveaux réfugiés climatiques sont aujourd'hui une trentaine de millions mais leur nombre devrait dépasser les 250 millions en 2050. Ce thème a fait l'objet d'une conférence lors du festival Sciences Frontières qui s'est déroulé à Marseille au début du mois d'avril.

Une des îles composant l'archipel de Tuvalu

Une des îles composant l'archipel de Tuvalu Peter Bennetts/Getty Images

Qui sont ces populations menacées ? Ou vivent-elles ? En fait un peu partout dans le monde. Il faut savoir que près de 500 millions de personnes vivent à moins de cinq kilomètres des côtes et pas loin de 350 millions à moins de cinq mètres au-dessus du niveau de l'eau, voir en dessous pour certains (Bengladesh, Pays bas, Camargue...). Toutes ces régions sont directement menacées par la montée des eaux consécutives à la fonte des glaces polaires. Pour d'autres la menace ne vient pas de l'eau mais plutôt de son absence, en Asie, en Afrique et en Amérique Latine la déforestation conjuguée à la hausse des températures accélère la progression des déserts menaçant encore plusieurs millions de personnes.

Le premier exemple, tragique, de ce phénomène migratoire forcé se situe en plein cœur des îles polynésiennes. A quelques kilomètres de l'équateur, dans des eaux bleu turquoise, l'archipel de Tuvalu composé de quelques petits îlots peuplés d'une dizaine de milliers d'habitants sera entièrement recouvert par les eaux d'ici 2050. Les habitants sont donc contraints d'aller vivre ailleurs. Mais cet ailleurs n'existe pas encore : les pays voisins (Australie, Nouvelle-Zélande, Indonésie...) n'acceptent des réfugiés qu'au compte goutte avec des conditions drastiques d'accès à leur territoire.

Au même moment, de l'autre côté du globe, les Inuits qui vivent sur la banquise voient leur territoire se réduire d'années en années comme une peau de chagrin. Eux non plus n'ont pas d'ailleurs et tentent de faire reconnaître le préjudice qu'ils subissent. Ils viennent ainsi de porter plainte contre les Etats-Unis, l'un des plus gros producteurs de gaz à effet de serre, devant l'équivalent de la cour européenne des droits de l'Homme pour le continent Américain. En attendant ils envisagent aussi une « délocalisation forcée ».

Ces mouvements de populations n'en sont qu'à leur commencement. Tout indique que la situation climatique du globe va continuer à se détériorer. Les objectifs de réduction d'émission de gaz à effet de serre (GES) fixés par Kyoto, déjà minimalistes, ne seront selon toute vraisemblance pas atteints. En conséquence, il faut s'attendre à d'autres situations catastrophiques. Les experts prévoient essentiellement des mouvements de population Sud/Sud ainsi que des tensions sur les îles du Pacifique et de l'Océan Indien comme les Maldives. Mais les problèmes soulevés par ces déplacements de personnes nécessitent une régulation et une prise en charge internationale. (A suivre).

Publié dans Sciences politiques

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