Tout est dans la nuance....

Publié le par lenuki



Souffler le chaud et le froid, serait-ce le nouveau mode de communication de nos gouvernants,  obligeant ainsi les gouvernés que nous sommes à une vigilance de tous les instants ?
Darcos nuance son propos sur le lien Parlement-enseignement de l'histoire

 

Le ministre de l'Education a nuancé mercredi son propos après avoir envisagé la veille de confier au Parlement la charge de prescrire "ce qui doit être enseigné", notamment en histoire, un sujet sensible pour les professeurs qui réclament une pleine liberté pour leur discipline.

"Est-ce qu'il ne faudrait pas qu'une bonne fois pour toutes ce que nous considérons comme devant être enseigné aux élèves soit prescrit par la représentation nationale?", s'était demandé mardi Xavier Darcos à l'Assemblée nationale.

Auditionné par des députés de la "mission d'information sur les questions mémorielles", il avait ajouté: "Pour ce qui est de l'histoire en particulier, je me demande même si ça ne s'impose pas" car "on aurait au moins des grands sujets qui seraient reconnus une bonne fois pour toutes".

Volte-face ou simple explication de texte? Sur ce sujet sensible, Xavier Darcos a tenu à s'expliquer à deux reprises mercredi.

A la sortie du Conseil des ministres, d'abord, il a affirmé qu'il n'accepterait "aucune ingérence du politique dans l'enseignement de l'histoire". "Il s'agit, comme nous l'avons fait pour l'enseignement primaire (dont les programmes ont été changés pour la rentrée), de recueillir l'avis de la représentation nationale sur la manière dont les programmes sont orientés", a-t-il déclaré.

Les programmes restent "une compétence réglementaire du ministre de l'Education nationale", a précisé au demeurant à l'AFP l'entourage du ministre.

En revanche, c'est à la "Nation de dire" quels sont les grandes dates ou événements à célébrer, a fait valoir le ministre.

M. Darcos a par ailleurs adressé une lettre à l'académicien Pierre Nora, président de l'association "Liberté pour l'histoire", qui milite notamment pour la liberté d'expression des historiens face aux interventions politiques.

Le ministre l'assure qu"'il n'entre aucunement" dans ses "intentions de demander au Parlement de se substituer à la communauté des historiens pour définir le contenu des programmes d'histoire".

Il demande à M. Nora de lui faire part de son "sentiment" sur ce "débat récurrent".

Interrogé par l'AFP, l'historien Jean-Pierre Azéma, membre de cette association, a, "à titre personnel, condamné sans appel cette nouvelle tentative de vouloir imposer ce qui doit être enseigné en histoire". Soulignant que "la liberté pédagogique" est "absolument nécessaire", il a jugé "inadmissible que le pouvoir politique gouvernemental et parlementaire puisse imposer ce qui doit être recherché et a fortiori enseigné".

En revanche, "il est dans le rôle de la représentation nationale d'instituer des commémorations", a-t-il ajouté.

"Les propos du ministre tenus mardi nous inquiètent, ceux de mercredi nous rassurent", a affirmé de son côté Hubert Tison, président de l'Association des professeurs d'histoire-géographie.

"Le Parlement peut s'interroger sur la place et l'importance de l'histoire, mais il serait dangereux qu'il légifère en matière de programmes, lesquels doivent être faits par les experts", a-t-il estimé.

Selon lui, le décalage entre les propos du ministre tenus mardi et mercredi vient "peut-être du fait qu'il y a débat, en son ministère, sur l'enseignement de l'histoire".

Les rapports entre le politique et l'enseignement de l'histoire ont souvent été sujets à polémique. En 2005, l'article 4 de la loi du 23 février 2005, qui enjoignait aux enseignants d'évoquer dans leurs cours le "rôle positif de la présence française outremer" et objet de contestations, avait été abrogé à la demande de Jacques Chirac.

 

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