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Ces étudiants qui changent de cap L'orientation professionnelle ne fonctionne pas bien en France les jeunes choisissent des études et un métier sans bien connaître leurs contenus, dans un
système complexe et opaque. D'où de fréquentes réorientations
«Les vacances de Noël sont passées, on va les voir arriver... », pronostique Élizabeth Devals,
conseillère d'orientation à Médiacom, le centre d'orientation de l'enseignement supérieur de Paris. « Les » , ce sont les étudiants qui, au bout d'un semestre, d'une année,
voire plus, se rendent compte qu'ils ne sont pas à leur place, et cherchent à se réorienter. Madame Devals connaît bien ses « clients » : « Il y a les jeunes qui, mal préparés par
le lycée à l'organisation de l'université, sans encadrement, se retrouvent noyés. Et ceux qui ont fait ce que j'appelle un choix d'orientation-cliché : parce qu'ils aimaient le sport, ils
se sont inscrits en staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives), et se retrouvent assis dans une salle à étudier la biologie ; ou bien, parce qu'ils se posaient
des questions sur eux-mêmes, ils ont choisi la psychologie, et sont perdus dans les matières scientifiques du programme. Et puis encore ceux qui avaient demandé une filière sélective,
n'ont pas été pris, et se retrouvent sans l'avoir voulu à l'université ; même s'ils réussissent bien, ils "craquent" par manque d'intérêt et de débouchés. De même, ceux qui sont passés
par des classes prépas, sans réussir de concours, se retrouvent désemparés en licence ou DUT, dans des formations qui n'ont vraiment rien à voir avec ce qu'ils espéraient.»
On le sait désormais, les résultats de l'orientation en France ne sont pas brillants : un étudiant sur deux, voire deux sur trois, échoue en premier cycle universitaire. Un quart
en sort sans diplôme. Selon une étude récente (Syntec/Medef 2008), 78 % des jeunes interrogés, engagés dans des études supérieures, ne savent pas dire quel métier ils voudraient exercer.
L'inadéquation entre les formations et les besoins du marché du travail fait que les diplômes ne préservent pas du chômage. Il faut donc leur permettre de « rebondir ». Mais comment ?
C'est la question que se pose Fabien, 20 ans, qui a toujours voulu être médecin, et paye d'une « déprime sévère » ses échecs successifs au barrage de la première année. Mais
aussi Fanny, 23 ans, qui au moment de terminer une école de journalisme très sélective, se rend compte qu'elle n'a « vraiment pas la vocation» . Tout comme Anna, 26 ans, qui
après quatre ans d'études de marketing et deux ans de vie professionnelle décevante, veut reprendre des études de stylisme. Ou encore Simon, 24 ans, qui ne trouve pas à employer sa
maîtrise d'histoire
« avec mention, pourtant ».
En cette période de l'année, inscriptions obligent, les conversations sont pleines des interrogations suscitées par ces parcours tourmentés, ou flottants, qui peuvent vite
tourner au gâchis de temps, d'argent, de confiance en soi. Les forums d'étudiants sur Internet en débordent aussi: plus d'un million d'occurrences pour le mot «réorientation» (des études)
sur Google, reflets mêlés des déficits d'information, des échecs et des déceptions plus ou moins prévisibles, des difficultés à choisir, de l'absence d'objectifs clairs. Une bonne part
de ces tâtonnements est normale : entre 15 ou 18 ans, l'âge des premiers choix d'orientation, et 20 ou 25 ans, l'entrée dans l'âge adulte, il se fait bien des prises de conscience et des
expériences, qui permettent de « réajuster le tir » en douceur. « Qu'est-ce que je veux faire comme métier plus tard ? » Les jeunes sont aujourd'hui priés de choisir, là où
autrefois les générations précédentes reprenaient la boutique de cordonnier, l'élevage de brebis, l'étude de notaire de leurs parents, quitte ensuite à trouver des chemins de traverse
plus à leur goût. D'autant qu'aujourd'hui peu d'étudiants ont au début de leurs études une idée précise de leurs contenus, de leur niveau d'exigence, de leurs débouchés.
Ce choix ouvert si largement, du moins en apparence, a de quoi donner le vertige, et provoquer quelques zigzags ! Dans le maquis des 20 000 formations proposées par le système
français, complexe, opaque, des filières très différemment dotées et reconnues, avec des chaussetrappes, il faut tracer un chemin, allier la connaissance du système avec une bonne
appréciation des capacités, de la personnalité de l'étudiant, et un suivi individuel au long cours. Ce qui renvoie largement à l'accompagnement des familles. À côté des structures
officielles d'orientation, dont on >>>>
78 % des jeunes interrogés, engagés dans des études supérieures, ne savent pas dire quel métier ils voudraient exercer.
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