Neurosciences:quelques problèmes

Publié le par lenuki

neurosciences phot                                  

Les neurosciences 

(synthèse effectuée à partir d'un blog intitulé: Implications philosophiques)

 

Les Neurosciences, une position réductionniste ?


Le réductionnisme tel qu’il est défendu par la neurobiologie consiste à mettre au même niveau la conscience et les neurones, autrement dit, la vie psychique de l’Homme est entièrement comprise du point de vue des processus chimiques neuronaux qui se produisent dans son cerveau.

Monod écrit à ce sujet que « toute performance ou structure téléonomique [c'est-à-dire, finalisée] d’un être vivant, quelle qu’elle soit, peut en principe être analysée en termes d’interactions stéréospécifiques [c'est-à-dire, par figure et par mouvement] d’une, de plusieurs, ou de très nombreuses protéines »

Ainsi un Homme accomplit un acte en vue d’une fin qui peut être comprise du seul point de vue de son organisation cérébrale.

« entre le monde vivant et le monde inanimé il y a une différence, non pas de nature, mais de complexité »(Jacob) : l’être vivant est une machine commandée par son ADN et la cellule est assimilable à une petite usine chimique.

Savoir comment ces processus neurobiologiques causent la conscience semble indépassable. C’est pourquoi certains grands scientifiques demeurent dualistes, comme Sir John Eccles. Or Searle s’oppose à toute forme de dualisme dans la compréhension de la vie psychique et biologique de l’Homme. Il ne faut pas considérer que d’un côté il y a les processus cérébraux (la cause) et d’un autre côté, il y a la conscience (l’effet). Ce ne sont pas deux évènement distincts : ces processus neuronaux ne constituent pas une entité à part mais forment « un trait de mon cerveau au moment présent. La conscience est alors considérée comme une fonction parmi d’autres du cerveau au même titre que la respiration ou la digestion.

Le concept de plasticité synaptique permet d’apporter un élément de réponse à une des difficultés des neurosciences face aux positions dualistes qui peuvent naître à l’intérieur même de sa discipline : le fait que les phénomènes de conscience, subjectifs, qualitatifs, soient l’émanation de processus physiques, objectifs, comme le rôle des neurotransmetteurs dans la transmission de l’influx nerveux d’une synapse à l’autre. La plasticité cérébrale permet de penser la singularité de chaque individu qui se détermine par rapport à son cerveau, mais lui-même se modifie en fonction de l’environnement dans lequel cet individu vit et des expériences qu’il traverse.

 

Le cas de la psychanalyse


Pour les neurobiologistes tous les troubles psychologiques ont une cause exclusivement organique, sinon c’est une maladie imaginaire. Par ailleurs, poser l’existence d’un inconscient face à la conscience est très problématique pour les neurosciences : si la conscience est parfaitement réductible à l’activité cérébrale, qu’en est-il de l’inconscient tel que Freud le façonna ? Comment les mêmes processus neuronaux qui causent la conscience peuvent-ils parallèlement être à l’origine de l’inconscient ?

Contre toute attente ce sont les neurosciences elles-mêmes qui vont redorer le blason de l’inconscient grâce à l’inconscient cognitif : la majorité de nos processus neuronaux peuvent être qualifiés d’inconscients. L’inconscient cognitif regroupe l’ensemble des processus de traitement de l’information consciemment inaccessibles à l’individu.


Un rapprochement possible ?


Cependant certains auteurs vont plus loin que Changeux et soutiennent que la plasticité cérébrale ne s’arrête pas à la mémoire mais qu’au contraire : « les mécanismes de plasticité seraient également à l’origine de la construction d’une réalité interne inconsciente ». Il y a une forme de dualité entre ce qui relève uniquement du fait neuronal comme la vision ou même l’inconscient cognitif et ce qui relève du fait psychique qui, bien que lié à l’activité cérébrale, ne se réduit pas. On peut même aller plus loin : c’est au contraire notre activité cérébrale qui s’adapte à notre expérience, le vécu prime sur la biologie de notre cerveau.

Bref, on peut concevoir que nous ne sommes pas déterminés par nos neurones, mais c’est nous même qui les façonnons à l’image de notre vie (rappel : bien qu’une partie de notre activité cérébrale soit déterminée par des processus invariants).

Paul Ricœur résume parfaitement le problème auquel nous sommes confrontés avec les neurosciences : « Ma thèse initiale est que les discours tenus d’un côté et de l’autre relèvent de deux perspectives hétérogènes, c’est-à-dire non réductibles l’une à l’autre et non dérivables l’une de l’autre. Dans un discours, il est question de neurones, de connexions neuronales, de système neuronal, dans l’autre, on parle de connaissance, d’action, de sentiment, c’est-à-dire d’actes ou d’états caractérisés par des intentions, des motivations, des valeurs ».

Grâce à la plasticité synaptique, on peut entrevoir la possibilité pour les neurosciences de dépasser leur aversion vis-à-vis de toute forme de dualisme et atténuer leur position réductionniste. En effet, le fonctionnement du cerveau relève à la fois de processus cérébraux identiques pour tous et en même temps de variations au niveau de nos synapses en lien direct avec notre environnement.

Publié dans sciences

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blog(fermaton.over-blog.com),No-2. - THÉORÈME FUTURA. - L'Avenir de L'Humanité.
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