L'expérience est-elle source de connaissance?

Publié le par lenuki

 

 

Ce texte de Kant va servir de fil conducteur à notre travail :

"Que toute notre connaissance commence avec l'expérience, cela ne soulève aucun doute. En effet, par quoi notre pouvoir de connaître pourrait-il être éveillé et mis en action, si ce n'est par des objets qui frappent nos sens, et qui, d'une part, produisent par eux-mêmes des représentations et d'autre part, mettent en mouvement notre faculté de juger, afin qu'elle compare, lie ou sépare ces représentations, et travaille ainsi la matière brute des impressions sensibles pour en tirer une connaissance des objets, celle qu'on nomme expérience ? Ainsi, chronologiquement, aucune connaissance ne précède en nous l'expérience et c'est avec elle que toutes commencent. Mais si toute notre connaissance débute AVEC l'expérience, cela ne prouve pas qu'elle dérive toute DE l'expérience, car il se pourrait bien que même notre connaissance par expérience fût un composé de ce que nous recevons des impressions sensibles et de ce que notre propre pouvoir de connaître (simplement excité par des impressions sensibles) produit de lui-même : addition que nous ne distinguons pas de la matière première jusqu'à ce que notre attention y ait été portée par un long exercice qui nous ait appris à l'en séparer. C'est donc au moins une question qui exige encore un examen plus approfondi et que l'on ne saurait résoudre du premier coup d'oeil, que celle de savoir s'il y a une connaissance de ce genre, indépendante de l'expérience et même de toutes les impressions des sens. De telles connaissances sont appelées a priori et on les distingue des empiriques qui ont leur source a posteriori, à savoir dans l'expérience".

                                   Kant, Critique de la raison pure, 1787, Introduction de la seconde édition

Remarques préliminaires et premiers questionnements

Savoir ou connaître : « tenir quelque chose pour vrai sur la base de preuves ». La fin de la connaissance serait, en ce sens, la certitude ou la vérité.

Quand on parle d’expérience, ne faut-il pas distinguer :

+ l’expérience vécue, simple acquisition passive à partir de perceptions ou d’impressions sensibles, éminemment subjective, et non reproductible à l’identique, comme relation singulière entre un sujet et le monde qui est le sien.

+ l’expérience dans l’expression : « un homme d’expérience » qui équivaut à une certaine forme de savoir et de sagesse pratiques (cf. art au sens technique, soit art de vivre, soit art concernant un métier particulier)

+ expérience scientifique ou expérimentation, qui exige une méthode dite expérimentale et des hypothèses qu’il convient de vérifier en laboratoire sous forme d’expériences reproductibles.

Si toute expérience donne des connaissances, en ce sens qu’elle permet de découvrir un phénomène inconnu ou un événement nouveau, peut-on dire pour autant qu’elle donne des connaissances vraies ? Que valent les connaissances par expérience ? Cf. expérience acquise sous forme de vécu singulier donne des connaissances fondées sur des perceptions. Nous avons tendance à ne croire que ce que nous voyons et à nous y fier. Mais selon Descartes les sens sont trompeurs, et peuvent nous donner soit des connaissances fausses, soit des illusions.

Il est néanmoins difficile d’expliciter ce dont nous n’avons aucune expérience. Cette dernière n’est-elle pas, alors, source de connaissances, si sommaires soient-elles ? En effet, l’expérience vécue est particulière, ce qui implique qu’il n’est pas certain qu’on puisse en tirer des leçons générales, tout dépendant de l’état de celui qui l’éprouve et du contexte dans lequel il le fait.

Les expériences s’accumulent avec l’âge. Si elles permettent d’acquérir une certaine forme de sagesse pratique, est-ce à dire pour autant que nous devenons plus instruits avec l’âge ? Savons-nous toujours tirer les leçons de nos expériences ? N’avons-nous pas souvent tendance à reproduire les mêmes erreurs ?

De plus, que peuvent avoir de commun l’expérience vécue et l’expérience scientifique, dite expérimentation ? Cette expérience scientifique n’est-elle pas réalisée en suivant une méthode (la méthode expérimentale) et en émettant des hypothèses à partir de théories ou connaissances préalables qui ne parviennent pas à comprendre le phénomène observé ? Cette expérimentation n’est-elle pas, qui plus est, reproductible en laboratoire, à l’identique, pour permettre de rigoureuses vérifications pouvant être effectuées par l’ensemble de la communauté scientifique ?

D’où viennent la majorité de nos connaissances ? Soit de l’enseignement, soit de l’expérience des autres, bref de la tradition au sens de transmission. Ce sont donc des connaissances déjà établies et constituées. Or l’expérience ne vaut-elle pas mieux que la réception de vérités établies, qui peuvent être des préjugés ? En effet, la tradition ne peut-elle pas être dans l’erreur ou dans l’illusion (cf. la croyance au géocentrisme qui a duré jusqu’à Galilée, voire au-delà (certains y adhérant encore aujourd’hui). Ne vaut-il pas mieux vérifier par soi-même, la limite de cela étant qu’on ne peut pas tout vérifier, voire faire l’expérience de tout… ! De plus, à être simplement reçue, une connaissance ne risque-t-elle pas de nous rester extérieure ? La meilleure manière d’assimiler une connaissance ne serait-elle pas de faire l’expérience qui peut la prodiguer ?

La question posée propose en fait une alternative : ou bien ce que nous savons vient entièrement de l’expérience, ou bien il y a certaines connaissances (vire toutes ?) qui ne viennent pas d’elle, ce qui interroge quant à leur source : ne serait-ce pas l’entendement ou la raison, sachant que toute connaissance vient nécessairement soit des sens, soit de notre intelligence (ou entendement, ou encore raison) ? Mais si l’expérience est la seule source possible de connaissance, sachant qu’elle est particulière et subjective, comment pouvons-nous atteindre de vraies connaissances, c’est-à-dire des connaissances vraies, par définition générales, voire universelles, et objectives, dont nous puissions être totalement certains ?

Problématique

Quelle est l’origine de notre savoir ? Ne serait-ce pas en premier lieu l’expérience, qui nous donne des informations sur le monde, par l’intermédiaire d’impressions sensibles ? Mais outre qu’un ensemble d’informations diverses ne suffisent pas à constituer une réelle connaissance, l’expérience que nous avons n’est-elle pas singulière et subjective ? Comment pourrait-elle, à elle seule, produire une connaissance, par définition générale, voire universelle (cf. Aristote : « Il n’y a de science que du général ») ? Est-ce l’objet qui vient informer le sujet, alors passif, ou bien, au contraire, ne serait-ce pas le sujet lui-même qui ordonne le réel pour pouvoir le connaître ?  « Si toute notre connaissance débute avec l'expérience, cela ne prouve pas qu'elle dérive toute de l'expérience … ». De plus, ne faut-il pas distinguer expérience vécue et expérimentation ? Cette dernière n’implique-t-elle pas un travail important de la raison ? N’est-elle pas exemplaire de toute expérience comme mixte de ce qui vient des sens et ce qui provient de notre raison ? Il ne suffit pas, en effet, de vivre quelque chose, encore faut-il le comprendre pour pouvoir en tirer des leçons... !

 

Plan possible (reprenant celui du texte de Kant)

  1. « La connaissance débute avec l’expérience… »

C’est la thèse des empiristes Cf. Texte de Locke :

« § 2. Supposons que l'esprit soit, comme on dit, du papier blanc, vierge de tout caractère, sans aucune idée. Comment se fait-il qu'il en soit pourvu ?

D'où tire-t-il cet immense fonds que l'imagination affairée et limitée de l'homme dessine en lui avec une variété presque infinie ? D'où puise-t-il ce qui fait le matériau de la raison et de la connaissance ? Je répondrai d'un seul mot : de l’expérience ; en elle, toute notre connaissance se fonde et trouve en dernière instance sa source; c'est l'observation appliquée soit aux objets sensibles externes, soit aux opérations internes de l'esprit, perçues et sur lesquelles nous-mêmes réfléchissons, qui fournit à l'entendement tout le matériau de la pensée. Telles sont les deux sources de la connaissance, dont jaillissent toutes les idées que nous avons ou que nous pouvons naturellement avoir.

§ 3. Premièrement, nos sens, tournés vers les objets sensibles singuliers, font entrer dans l'esprit maintes perceptions distinctes des choses, en fonction des diverses voies par lesquelles ces objets les affectent. Ainsi recevons-nous les idées de jaune, de blanc, de chaud, de froid, de mou, de dur, d'amer, de sucré, et toutes celles que nous appelons qualités sensibles. Et quand je dis que les sens font entrer dans l'esprit ces idées, je veux dire qu'ils font entrer, depuis les objets externes jusqu'à l'esprit, ce qui y produit ces perceptions.

[...] § 4. Deuxièmement, l'autre source d'où l'expérience tire de quoi garnir l'entendement d'idées, c'est la perception interne des opérations de l'esprit lui-même tandis qu'il s'applique aux idées acquises. Quand l'âme vient à réfléchir sur ces opérations, à les considérer, celles-ci garnissent l'entendement d'un autre ensemble d'idées qu'on n'aurait pu tirer des choses extérieures, telles que percevoir, penser, douter, croire, raisonner, connaître, vouloir, et l'ensemble des actions différentes de notre esprit; comme nous sommes conscients de ces actions et que nous les observons en nous-mêmes, nous en recevons dans l'entendement des idées aussi distinctes que les idées reçues des corps qui affectent nos sens.

Cette source d'idées, chacun l'a entièrement en lui ; et bien qu'elle ne soit pas un sens, puisqu'elle n'a pas affaire aux objets extérieurs, elle s'en approche beaucoup et le nom de « sens interne » semble assez approprié. Mais comme j'appelle l'autre source sensation, j'appellerai celle-ci RÉFLEXION, les idées qu'elle fournit n'étant que celles que l'esprit obtient par réflexion sur ses propres opérations internes. »

[John Locke, Essai sur l'entendement humain, 1690, Livre II, chap.1, Vrin, 2001, pp. 164-165]

Limites de cette thèse : la « connaissance » donnée n’en est pas vraiment une, car elle est singulière et subjective. De plus comment expliquer la logique formelle ou les mathématiques, qui ne semblent pas provenir de l’expérience, sauf à penser que les nombres existent réellement, en dehors de notre esprit ?

  1. « Mais elle ne dérive pas toute de l’expérience… »

Cf. logique ou mathématiques comme pures productions de l’esprit ? Pour connaître le réel, encore faut-il l’ordonner au préalable en fonction de principes logiques (identité, tiers-exclu, raison suffisante, etc.)

Cf. texte de Descartes :

 

« Commençons par la considération des choses les plus communes, et que nous croyons comprendre le plus distinctement, à savoir les corps que nous touchons et que nous voyons. Je n'entends pas parler des corps en général, car ces notions générales sont d'ordinaire plus confuses, mais de quelqu'un en particulier.

Prenons pour exemple ce morceau de cire : il vient tout fraîchement d'être tiré de la ruche, il n'a pas encore perdu la douceur du miel qu'il contenait, il retient encore quelque chose de l'odeur des fleurs dont il a été recueilli ; sa couleur, sa figure, sa grandeur sont apparentes ; il est dur, il est froid, il est maniable, et si vous frappez dessus, il rendra quelque son. Enfin toutes les choses qui peuvent distinctement faire connaître un corps se rencontrent en celui-ci.

Mais voici que pendant que je parle, on l'approche du feu : ce qui y restait de saveur s'exhale, l'odeur s'évapore, sa couleur se change, sa figure se perd, sa grandeur augmente, il devient liquide, il s'échauffe, à peine peut-on le manier, et quoique l'on frappe dessus, il ne rendra plus aucun son.

La même cire demeure-t-elle encore après ce changement ? Il faut avouer qu'elle demeure ; personne n'en doute, personne ne juge autrement. Qu'est-ce donc que l'on connaissait en ce morceau de cire avec tant de distinction ? Certes ce ne peut être rien de tout ce que j'y ai remarqué par l'entremise des sens, puisque toutes les choses qui tombaient sous le goût, sous l'odorat, sous la vue, sous l'attouchement et sous l'ouïe, se trouvent changées, et que cependant la même cire demeure. Peut-être était-ce ce que je pense maintenant, à savoir que cette cire n'était pas, ni cette douceur du miel, ni cette agréable odeur des fleurs, ni cette blancheur, ni cette figure, ni ce son ; mais seulement un corps qui un peu auparavant me paraissait sensible sous ces formes, et qui maintenant se fait sentir sous d'autres. Mais qu'est-ce, précisément parlant, que j'imagine lorsque je le conçois en cette sorte ? Considérons-le attentivement, et, retranchant toutes les choses qui n'appartiennent point à la cire, voyons ce qui reste. Certes il ne demeure rien que quelque chose d'étendu, de flexible et de muable.

Or qu'est-ce que cela : flexible et muable ? N'est-ce pas que j'imagine que cette cire étant ronde est capable de devenir carrée, et de passer du carré en une figure triangulaire ? Non certes, ce n'est pas cela, puisque je la conçois capable de recevoir une infinité de semblables changements, et je ne saurais néanmoins parcourir cette infinité par mon imagination, et par conséquent cette conception que j'ai de la cire ne s'accomplit pas par la faculté d'imaginer. Qu'est-ce maintenant que cette extension ? N'est-elle pas aussi inconnue ? Car elle devient plus grande quand la cire se fond, plus grande quand elle bout, et plus grande encore quand la chaleur augmente ; et je ne concevrais pas clairement et selon la vérité ce que c'est que de la cire, si je ne pensais que même ce morceau que nous considérons est capable de recevoir plus de variétés selon l'extension que je n'en ai jamais imaginé. Il faut donc demeurer d'accord que je ne saurais pas même comprendre par l'imagination ce que c'est que ce morceau de cire, et qu'il n'y a que mon entendement seul qui le comprenne. Je dis ce morceau de cire en particulier : car pour la cire en général, il est encore plus évident. Mais quel est ce morceau de cire qui ne peut être compris que par l'entendement ou par l'esprit ? Certes c'est le même que je vois, que je touche, que j'imagine, et enfin, c'est le même que j'ai toujours cru que c'était au commencement.

Or ce qui est ici grandement à remarquer, c'est que sa perception n'est point une vision, ni un attouchement, ni une imagination, et ne l'a jamais été quoiqu'il le semblât ainsi auparavant, mais seulement une inspection de l'esprit, laquelle peut être imparfaite et confuse, comme elle était auparavant, ou bien claire et distincte, comme elle est à présent, selon que mon attention se porte plus ou moins aux choses qui sont en elle, et dont elle est composée. »

                                                                             Descartes, Seconde méditation métaphysique

Pour Descartes ce n’est ni à partir de la perception (trop changeante et diverse) ni de l’imagination (encore trop sensible et subjective) mais à partir d’une inspection de l’esprit que nous connaissons le morceau de cire, ce qui nécessite beaucoup d’attention de celui qui cherche à connaître. Connaître, c’est connaître les causes d’un phénomène, pouvoir en rendre raison. *

Mais limites : Descartes prétend à partir de là produire les lois de la physique en ne recourant qu’à l’entendement, sous prétexte des erreurs pouvant résulter de toute expérience. Mais les sciences de la nature nécessitent le recours à l’expérimentation, qui suppose un important travail de l’entendement et de la raison, comme nous le verrons grâce à un autre texte de Kant.

 

  1. A quelles conditions l’expérience peut-elle être source de connaissance ?

 

Comme le montre Kant dans la dernière partie du texte qui nous sert de fil conducteur, l’expérience est un mixte d’impressions sensibles diverses (qu’il faut mettre en ordre) et de ce que l’entendement produit de lui-même pour mettre de l’ordre dans le réel. (s’il y est incité par les impressions sensibles). Ce que Kant résume bien au travers de cette formule : « des concepts sans intuition sont vides, des intuitions sans concepts sont aveugles ». En quoi consistent ces éléments a priori (= avant toute expérience) ? Ils sont de deux ordres :

+ de l’ordre de la sensibilité : ce sont les formes a priori de celle-ci que sont l’espace et le temps

+ de l’ordre de l’entendement : ce sont les concepts purs ou catégories de celui-ci, dont la causalité fait partie, par exemple.

Or comme le note Kant, ce sont ces deux éléments indissociables autrement qu’abstraitement qui constituent l’expérience et expliquent que l’on puisse en tirer des leçons, dans la vie courante. Mais encore faut-il « prendre les devants » :

« La raison ne voit que ce qu'elle produit elle-même d'après ses propres plans et elle doit prendre les devants avec les principes qui déterminent ses jugements, suivant des lois immuables, elle doit obliger la nature à répondre à ses questions et ne pas laisser conduire pour ainsi dire en laisse par elle; car autrement, faites au hasard et sans aucun plan tracé d'avance , nos observations ne se rattacheraient point à une loi nécessaire, chose que la raison demande et dont elle a besoin. Il faut donc que la raison se présente à la nature tenant, d'une main, ses principes qui seuls peuvent donner aux phénomènes concordant entre eux l'autorité de lois, et de l'autre, l'expérimentation qu'elle a imaginée d'après ces principes, pour être instruite par elle, il est vrai, mais non pas comme un écolier qui se laisse dire tout ce qu'il plaît au maître, mais, au contraire, comme un juge en fonctions qui force les témoins à répondre aux questions qu'il leur pose. »

                                                                                                    Kant, Critique de la raison pure

Connaître vraiment, c’est connaître par ses causes un phénomène de la nature, ou pouvoir donner raison d’un événement. C’est la raison qui transforme le réel en objet à connaître.

 

Cf. Révolution copernicienne de Kant, qui inverse l’évidence selon laquelle c’est l’entendement qui doit se régler sur la nature pour la connaître. En effet, selon Kant, la nature ne répond qu’aux questions qu’on lui pose, et ce même en ce qui concerne les expériences de la vie courante, si on veut en tirer quelques connaissances. C’est la raison qui doit « prendre les devants ». 

La démarche scientifique ne saurait donc résulter d’un simple enregistrement de données. Au contraire, c’est toujours la théorie qui précède l’expérience. La recherche de la vérité suppose une activité de l’esprit, et non pas une passivité sous forme de simple réception de données sensibles.

Conclusion

L’expérience ne fournit de connaissance qu’à celui qui l’interroge grâce à son esprit et l’ordonne en fonction de ses propres formes a priori de la sensibilité et de l’entendement. Elle suppose déjà, pour être élaborée, un travail de l’esprit humain, sans quoi elle serait incompréhensible. C’est ce travail de l’esprit, pour ordonner les données sensibles, qui explique qu’elle permette de connaître. Même dans la vie courante, il vaut mieux faire une expérience plutôt que d’en avoir une pour en tirer les leçons les plus profitables.

 

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