La société seule peut remédier aux maux de l'homme (Hume)

Publié le par lenuki69

Texte de Hume:
                                                                                                                 
   "De tous les êtres animés qui peuplent le globe, il n'y en a pas contre qui, semble-t-il à première vue, la nature se soit exercée avec plus de cruauté que contre l'homme, par la quantité infinie de besoins et de nécessités dont elle l'a écrasé et par la faiblesse des moyens qu'elle lui accorde pour subvenir à ces nécessités.    
   
C'est par la société seule qu'il est capable de suppléer à ses déficiences, de s'élever à l'égalité avec ses compagnons de création et même d'acquérir sur eux la supériorité. La société compense toutes ses infirmités; bien que, dans ce nouvel état, ses besoins se multiplient à tout moment, ses capacités sont pourtant encore augmentées et le laissent, à tous égards, plus satisfait et plus heureux qu'il lui serait jamais possible de le devenir dans son état de sauvagerie et de solitude. Quand chaque individu travaille isolément et seulement pour lui-même, ses forces sont trop faibles pour exécuter une oeuvre importante ; comme il emploie son labeur à subvenir à toutes ses différentes nécessités, il n'atteint jamais à la perfection dans aucun art particulier ; comme ses forces et ses succès ne demeurent pas toujours égaux à eux-mêmes, le moindre échec sur l'un ou l'autre de ces points s'accompagne nécessairement d'une catastrophe inévitable et de malheur. La société fournit un remède à ces trois désavantages. L'union des forces accroît notre pouvoir; la division des tâches accroît notre capacité; l'aide mutuelle fait que nous sommes moins exposés au sort et aux accidents. C'est ce supplément de force, de capacité et de sécurité qui fait l'avantage de la société"


Thème : Nature et nécessité de la société humaine
 
Thèse : « C’est par la société seule qu’il est capable de suppléer à ses déficiences, de s’élever à l’égalité avec ses compagnons de création et même d’acquérir sur eux la supériorité »
 
 
Deux grandes parties dans le texte :
  1. L’homme, le moins favorisé des animaux par la nature (premier paragraphe)
  2. Mais la société compense toutes ses infirmités (second paragraphe)
 
 
Idées essentielles :
 
Premier paragraphe : la cruauté de la nature à l’égard de l’homme.
Elle l’afflige de multiples besoins sans lui donner les moyens de les satisfaire.
Sous-entendu : il n’en va pas de même pour les autres êtres vivants ( cf. mythe de Protagoras)
 
Second paragraphe : seule la société peut suppléer à ses déficiences.
« Elle compense toutes ses infirmités » : tout en décuplant ses besoins, elle décuple aussi les moyens de les satisfaire.
L’homme social a donc plus de chances d’être heureux que l’homme « sauvage et seul ».
L’homme seul, en effet, connaît trois désavantages :
-         la faiblesse de ses moyens et de ses forces pour tout faire (se vêtir, se nourrir, etc.)
-         contraint de se disperser dans son activité, il n’atteint la perfection « dans aucun art particulier »
-         un échec en un point entraîne une catastrophe en chaîne, pour son propre malheur
La société remédie à ses trois désavantages :
-         l’union fait la force
-         la division des tâches accroît les capacités de chacun
-         l’aide mutuelle comme rempart contre les coups du sort et les accidents
D’où : « C’est ce supplément de force, de capacité et de sécurité qui fait l’avantage de la société 
 

Publié dans politique et morale

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G
Je voudrais savoir si "ce nouvel état" ligne11 l'explication dans ce contexte
Répondre
L
Votre phrase étant incomplète, je ne peux répondre à votre commentaire. Quelle est votre question, au juste?
Cordialement