Dans le cerveau, le temps est très subjectif
On peut légitimement s'interroger sur l'intérêt de vérifier scientifiquement certaines intuitions élémentaires. Mais il est vrai que la caution
scientifique donne du poids à ce que l'on affirme...
Une équipe de chercheurs américains vient de publier une étude sur la perception du temps. D'où il s'avère que l'amygdale trouble
considérablement notre horloge interne...
Chacun se souvient du film Les choses de la vie de Claude Sautet, dans lequel un accident de voiture se produisait et où, durant le temps de cet accident, le
héros du film revivait en quelques secondes sa vie tout entière. Chacun se souvient également de cette roue qui tournait, tournait, tournait...
De fait, les gens racontent souvent ce sentiment, subjectif, d'une distorsion du temps, sentiment qui survient au moment d'un événement traumatisant, comme si le temps justement se ralentissait, en quelque sorte.
Une équipe de neurosciences et de psychologie de la faculté de médecine du Baylor College à Houston, au Texas, a voulu vérifier cette idée car "la réponses est cruciale pour comprendre comment le temps est représenté dans le cerveau", explique David Eagleman, professeur de cette Université.
Les scientifiques ont donc recruté des volontaires et leur ont fait effectuer un saut dans le vide d'une hauteur de 45 mètres, au dessus d'un filet de sécurité, sachant qu'une telle chute dure trois secondes au maximum et que les volontaires atteignent la vitesse de 112 km/h.
Première expérimentation: on a demandé à ces volontaires de mesurer, avec un chronomètre précis, la chute des autres. Puis, l'équipe de l'Université leur a demandé combien de temps, à leur avis, avait duré leur propre chute. Tous les participants ont estimé que leur chute durait plus longtemps que celle des autres volontaires. Et ce, avec une différence nette et significative: 36% de plus.
Premier enseignement donc: il existe bien une sensation d'allongement du temps subjective. Mais ce résultat ne permet pas de répondre à la question essentielle: cette sensation se produit-t-elle intérieurement, "en vrai" d'une certaine manière? Ou survient-elle rétrospectivement, comme une recomposition du cerveau?
Pour le savoir, les chercheurs ont équipé ces mêmes volontaires d'une montre spéciale, avec des chiffres éclairés s'affichant plus vite que la normale. Avec cette idée: si la perception du temps est vraiment ralentie durant la chute,alors les volontaires devraient être capables de déchiffrer des chiffres plus vite. Résultat? Pas d'amélioration notable! Ce qui signifie que cette perception est subjective, ressentie, mais pas validée par des observations scientifiques.
L'explication à cette distorsion pourrait être celle ci: durant la survenue d'événements traumatisants, une zone particulière du cerveau, l'amygdale, est activée de façon spécifique, mobilisant au passage davantage de capacité mémorielle. En conséquence,les souvenirs deviennent plus riches, plus fournis. Or,plus le souvenir est riche,plus on garde en mémoire un événement. Et plus on garde en mémoire un évément, plus on a l'impression qu'il a duré longtemps.
En d'autres termes,il s'agit d'un phénomène d'auto-entretien. Ce travail vient d'être publié dans la revue scientifique Public Library Science One.
De fait, les gens racontent souvent ce sentiment, subjectif, d'une distorsion du temps, sentiment qui survient au moment d'un événement traumatisant, comme si le temps justement se ralentissait, en quelque sorte.
Une équipe de neurosciences et de psychologie de la faculté de médecine du Baylor College à Houston, au Texas, a voulu vérifier cette idée car "la réponses est cruciale pour comprendre comment le temps est représenté dans le cerveau", explique David Eagleman, professeur de cette Université.
Les scientifiques ont donc recruté des volontaires et leur ont fait effectuer un saut dans le vide d'une hauteur de 45 mètres, au dessus d'un filet de sécurité, sachant qu'une telle chute dure trois secondes au maximum et que les volontaires atteignent la vitesse de 112 km/h.
Première expérimentation: on a demandé à ces volontaires de mesurer, avec un chronomètre précis, la chute des autres. Puis, l'équipe de l'Université leur a demandé combien de temps, à leur avis, avait duré leur propre chute. Tous les participants ont estimé que leur chute durait plus longtemps que celle des autres volontaires. Et ce, avec une différence nette et significative: 36% de plus.
Premier enseignement donc: il existe bien une sensation d'allongement du temps subjective. Mais ce résultat ne permet pas de répondre à la question essentielle: cette sensation se produit-t-elle intérieurement, "en vrai" d'une certaine manière? Ou survient-elle rétrospectivement, comme une recomposition du cerveau?
Pour le savoir, les chercheurs ont équipé ces mêmes volontaires d'une montre spéciale, avec des chiffres éclairés s'affichant plus vite que la normale. Avec cette idée: si la perception du temps est vraiment ralentie durant la chute,alors les volontaires devraient être capables de déchiffrer des chiffres plus vite. Résultat? Pas d'amélioration notable! Ce qui signifie que cette perception est subjective, ressentie, mais pas validée par des observations scientifiques.
L'explication à cette distorsion pourrait être celle ci: durant la survenue d'événements traumatisants, une zone particulière du cerveau, l'amygdale, est activée de façon spécifique, mobilisant au passage davantage de capacité mémorielle. En conséquence,les souvenirs deviennent plus riches, plus fournis. Or,plus le souvenir est riche,plus on garde en mémoire un événement. Et plus on garde en mémoire un évément, plus on a l'impression qu'il a duré longtemps.
En d'autres termes,il s'agit d'un phénomène d'auto-entretien. Ce travail vient d'être publié dans la revue scientifique Public Library Science One.