La conscience (court résumé)

Publié le par lenuki

 

La conscience désigne l'intuition qu'a l'homme de lui même et du monde. Je sais donc que je suis et qu'il y a un monde. En d'autres termes, je suis conscient d'être conscient et d'être au monde, c'est à dire au sein d'une réalité qui n'est pas la conscience. Telle est la distinction fondamentale entre le sujet et l'objet, le sujet désignant toujours l'être pensant et l'objet l'être pensé.

I- DESCARTES (1596 - 1650) :

 

Cette notion d'être pensant a été approfondie par Descartes dans l'expèrience du doute universel.
En effet, Descartes constate au sortir de ses études que la plupart des connaissances sont incertaines.

Qu'est-ce donc qui peut être tenu pour certain ?

Sous l'exigence d'une telle question, non seulement toutes les connaissances sont mises en cause mais également la réalité du monde extèrieur et de mon propre corps. Or, quand bien même je penserais que tout est faux, il faudrait que moi qui le pense fusse quelque chose. Autrement dit, quand je doute de tout, je suis au moins sûr d'une chose :
c'est que je doute.
Ce qui revient à faire jaillir la vérité du doute même.
Telle est la dimension réflexive du cogito théorique.

 

II- HEGEL (1770 - 1831) :

Mais l'homme ne se limite pas à la seule activité pensante car il est confronté au réel qui exige de lui l'action. Voilà pourquoi, comme l'a compris Hegel, le cogito théorique se double d'un cogito pratique par lequel l'homme construit un monde à visage humain, c'est à dire un monde selon l'homme. L'histoire n'est pas autre chose que cela.

Hegel écrit que :
"L'homme se constitue pour soi, pour son activité pratique parce qu'il est poussé à se reconnaître lui-même dans ce qui s'offre à lui extèrieurement. Il y parvient en changeant les choses extèrieures qu'il marque du sceau de son intériorité et dans lesquelles il ne retrouve que ses propres déterminations."

Ainsi, "le petit garçon qui jette des pierres dans le torrent et admire les ronds qui se forment dans l'eau. Il admire en fait une oeuvre où il bénificie de sa propre activité qu'il contemple."

III- Sartre (1905 - 1980) :

Au XX° siècle Sartre insistera sur l'opposition entre l'en-soi et le pour-soi, c'est à dire entre l'objet et le sujet ou entre le monde et la conscience.
Chez Sartre en effet, l'en-soi est synonyme de réalité matèrielle. Il est donc ce qu'il est. Il n'a pas de dedans qui s'opposerait à à un dehors. Il est massif. En revanche, le pour-soi est ce qu'il n'est pas et n'est pas ce qu'il est. Il est non adéquation de soi à soi comme de soi au monde. Il est exactement l'être des lointains comme le dit Heidegger. C'est à dire toujours un peu en avant comme en arrière de lui même. Il n'est jamais à lui même son propre contemporain. Voilà pourquoi le pour-soi nous oblige à d'incessants renouvellements qui sont la marque même de la liberté, c'est à dire la transcendance du sujet au sujet par rapport à l'objet.

 

CONCLUSION :

On comprend désormais la singularité conférée à l'homme par le seul fait de sa conscience. Il n'y a jamais quoi que ce soit que par une conscience pré-existante qui décide qu'il y a quelque chose et qui cherche à savoir la nature de cette chose ainsi reconnue.

C'est donc la conscience qui fait la liberté et la responsabilité sans lesquels il n'y aurait aucune valeur en ce monde.

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L
j'ai remarqué une faute dans la citation d'hegel , c'est "interiorité" et non "infériorité"
bien à vous ,
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L


Bien vu. Merci pour cette remarque. Vous êtes un lecteur fort attentif et attentionné.