Existence et existentialisme (fiche Hansen-Love)

Publié le par lenuki


Existence :
(etym:latin existentia, de existere, sortir de, s'élever de,  de ex, sortir, et sistere, se tenir)  Mode d'être qui se distingue de celui des essences et qui est synonyme de " réalité effective " par opposition à une réalité simplement conçue.

Etre : (etym : latin esse, être) 1) Verbe : exprime le fait d'exister, ou bien l'essence (nature, identité de quelque chose) ou encore l'appartenance à une catégorie, à une espèce 2) Substantif : tout ce qui est, ou existe. L'être renvoie donc à la fois aux réalités en devenir, mais aussi aux essences ou aux idées qui " sont "  quoique d'une manière abstraite 3) Chez Aristote : terme indéfinissable du fait de sa généralité même, il peut se dire de tout : " l'Etre lui-même n'est pas un genre " (Aristote).

Ontologie :  (etym : grec on, ontos, l'être , et logos, science, discours)         1) Sens originel :  désigne, depuis le 17 ième siècle, la partie de la philosophie qui porte sur l' " être en tant qu'être ", correspondant à ce qu'Aristote appelait la philosophie première 2) Philosophie contemporaine : les existentialistes distinguent l'étude des lois de l'être en tant qu'essence (essentalisme) et l'étude de l'existence des êtres concrets singuliers ou " étants " (existentialisme).

Métaphysique : (etym :de meta, après, et phusica, la nature ; à partir du moyen-âge meta change de sens et signifie : au delà) 1) Chez Aristote : synonyme d'ontologie, désigne la philosophie première qui porte sur les principes et les causes premières, et s'attache à l'étude de l'  " être en tant qu'être " 2) A partir de Descartes : la métaphysique , chez les philosophes du 17 ième siècle,  est la connaissance  spéculative  qui ne repose   sur  aucune expérience sensible, et   qui porte plus particulièrement sur l'être en tant qu'être,   ou encore sur l'essence de  tout ce qui est 3) Chez Kant :  la raison humaine ne peut atteindre l'absolu, l'inconditionné,  les choses en soi. Kant donne au mot " métaphysique " un sens nouveau, qui renvoie à l'entreprise critique elle-même : " inventaire systématiquement ordonné de tout ce que nous devons à notre raison "  4) Sens contemporain : recherche concernant tout ce qui a trait au sens de l'existence humaine : la métaphysique constitue selon Sartre " un effort pour embrasser du dedans la condition humaine dans sa totalité " 5) Chez Hans Jonas : synonyme de " ontologie ", interrogation sur l'être, et plus particulièrement que la raison d'être et la valeur hypothétique de tout ce qui est.

Existentialisme : 1) Sens large : se dit de toute philosophie qui place l'existence humaine au centre de ses réflexions (Kiekegaard, Karl Jaspers..). 2) Sens plus précis : désigne des philosophies  athées (Heidegger, Sartre, Merleau-Ponty..), qui, à l'encontre de la philosophie cartésienne, affirment que l'homme est dépourvu d' " essence ". Nous sommes, selon ces philosophes, " jetés " dans le monde, à la naissance, sans soutien, sans référence, sans certitudes acquises   (c'est la " déréliction ") : l'homme ne peut que poser librement les valeurs, puis assumer des choix qui sont sans garantie. Selon Sartre, " l'existence précède l'essence ", l'homme existe d'abord, il se définit après : " c'est en se jetant dans le monde, en y souffrant, en y luttant, qu'il se définit peu à peu, et la définition demeure toujours ouverte " (L'existentialisme est un humanisme, 1946)

Humanisme  1)  Sens usuel : mouvement littéraire et philosophique apparu à la Renaissance, qui pose la valeur et la dignité inaliénable de tout homme en tant qu'homme et qui se donne pour objectif de défendre tout ce qui peut concourir à l'épanouissement de la personne humaine en tant que telle (la libre pensée, la tolérance etc..) 2) Chez Heidegger : l'humanisme, selon Heidegger, est un " anthropocentrisme ", c'est-à-dire une attitude illusoire  consistant à poser l'homme en fondement de tout, à le tenir pour auto-suffisant et auto-constituant, à tort.  Heidegger considère au contraire que l'homme devrait accepter d'assumer une définition plus haute, celle d'être le " Berger de l'Etre " (Lettre sur l'humanisme, 1946) 3) Chez Sartre : condition de l'homme qui " sans appui et sans secours est condamné à chaque instant à inventer l'homme ". L'humanisme de Sartre reconduit l'idée kantienne de l'autonomie (l'homme est à lui-même son propre législateur) mais il rompt avec le socle religieux du kantisme.  L'homme est condamné, selon Sartre, à la liberté, responsable de choix qui engagent, en même temps que lui-même, l'humanité tout entière (L'existentialisme est un humanisme).

Phénoménologie  (etym : grec phainomenon : phénomène et logos, discours) 1) Description du réel en tant que phénomène, c'est-à-dire  tel qu'il apparaît immédiatement à la conscience. Une telle approche s'oppose à celle du cartésianisme et de la science, auxquels il est reproché de  qui saisir le réel à travers le filtre de  grilles conceptuelles  préétablies. 2) Chez  Hegel : la " phénoménologie de l'esprit " est la présentation d'un parcours ou d'un cheminement, celui de la conscience depuis son apparition jusqu'à son terme qui est  la réalité effective de l'Esprit , ou encore  le savoir absolu. 3) Chez Husserl  et ses successeurs : mouvement  philosophique qui se donne comme objectif de revenir aux choses mêmes, dans leur évidence première.  Le phénomène, en tant qu'il apparaît à la conscience, est objet d'intuition, de  connaissance immédiate. Quant à la conscience, elle est " intentionnelle ", ce qui signifie qu'elle vise toujours autre chose qu'elle-même, et qu'elle se dépasse vers le monde.  Dans un second temps, la phénoménologie tente de comprendre de quelle manière  la conscience est constitutive du sens objectif de toute chose : c'est la phénoménologie " transcendantale ".
Dasein :  (etym sein , être, da, là) . Terme allemand signifiant littéralement : être-là . Chez Heidegger : ce terme désigne  l'être humain, en tant qu'existence concrète et singulière, présence intentionnelle, ouverture et disponibilité au monde.
: (etym : du latin visus, aspect, apparence). Seul le visage de l'homme témoigne à la fois d'une présence (d'une âme, d'une conscience) et d'une altérité (quelque chose échappe, un au delà de la matière, une transcendance). Chez Levinas : le visage de l'homme comporte une dimension de vulnérabilité  qui témoigne en même temps d'une intériorité ouverte vers un absolu. Un visage nous met en demeure de la regarder avec respect : c'est en ce sens que le visage est porteur et émoin d'une exigence éthique.

Etre-au-monde : phénoménologie : c'est l'homme en tant que son existence et celle des choses ne peuvent être dissociées. L'homme est plongé dans le monde qui est la " structure de sens " de tous ses actes et de toutes ses pensées. 

 

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