Désir et reconnaissance

Publié le par lenuki



Désir de désir ( Hegel )


Autrui : l’horizon permanent de ma propre existence, le « médiateur indispensable entre moi et moi-même ». C’est pourquoi, pour acquérir ma propre identité de sujet, pour satisfaire mon désir d’être moi-même, il faut que je me cherche  à travers autrui, sans me perdre ou m’aliéner pour autant. C’est en ce sens que la quête de soi passe par la médiation d’autrui.

              Cf. Hegel : tout désir est l’expérience d’une altérité.

Le désir, en visant des objets, fait de ces objets des objets pour moi : il nie leur indépendance, leur altérité pour se les approprier et en jouir, tout en faisant l’expérience de leur indépendance irréductible.

Ex : la pomme qui, désirée, sera consommée, mais le désir renaît et un autre objet se présente pour être nié. La conscience perçoit alors la nécessité de l’objet. Si elle peut assimiler les choses, elle ne peut s’assimiler à elles sans se réifier, c’est à dire s’aliéner dans l’univers des choses, perdant son identité en se perdant dans les objets.

Pour que la conscience puisse se trouver elle-même, il ne faut pas que l’objet soit radicalement autre, mais à la fois même et autre, moi en même temps qu’objet, pour que je puisse me reconnaître en lui. Or seule une autre conscience peut remplir cette exigence.

Ce que l’autre désire, j’en viens à le désirer aussi. Son désir me désigne l’objet comme ayant une valeur ( digne de convoitise, agréable à posséder ). Cf. les mouvements de mode comme valorisation soudaine et provisoire d’un  produit.

Pourquoi désirer ce que désire autrui ? Pour qu’il m’admire, qu’il m’estime. L’objet n’est  donc qu’un prétexte : mon vrai désir, c’est le désir de l’amour d’autrui.

Pour Hegel, le désir humain fondamental n’est pas désir de consommation de l’objet, désir de plaisir ou de jouissance physique ( cf. l’animal ) mais désir de reconnaissance, c’est à dire désir du désir d’autrui, c’est à dire désir d’être reconnu par autrui comme un être qui a une valeur ( qui est donc désirable ).

Ex : si j’étais un naufragé solitaire, m’importerait-il d‘être élégant, de posséder ceci ou cela ? De même le goût de la compétition : vouloir être le meilleur ( dans les affaires, les études, les jeux, le sport, etc..). Je me soucie infiniment de ce qu’autrui pense de moi.

En somme, derrière tout désir de possession d’objet, de réussite, se cache notre désir fondamental, le désir de reconnaissance, qui n’est autre qu’un désir d’être.

Le désir atteint sa vérité dans la reconnaissance des consciences. Il m’échappe toujours, il n’est pas mien mais le nôtre ; il n’est jamais solitaire, mais toujours solidaire d’une relation entre les consciences.

 

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