Présence d'autrui et solitude

Publié le par lenuki

 

présence d'autrui

 

                    La présence d’autrui nous évite-t-elle la solitude ?


Comment pouvons-nous faire l’expérience de la solitude, alors même que nous ne sommes pas seuls ? Pour le comprendre, on peut envisager plusieurs situations différentes :
+ l’expérience de la solitude au sein d’une foule anonyme : les autres remplissent l’espace, mais il n’y a aucune relation entre eux et moi (cf. couloirs du métro par exemple)
+ l’expérience de la solitude face à des personnes qui me jugent ou me veulent du mal, alors même que je n’ai personne pour me défendre (cf. la « tête de Turc » dans une classe quelconque, le souffre-douleur ou le bous-émissaire)
+ l’expérience de la solitude face à la sollicitude d’un ami : il peut éprouver toute la compassion du monde à l’égard des maux qui m’accablent, il ne sera jamais vraiment « à ma place »
D’où une série de questions :
a)    Quel est le rôle de la communication dans la façon dont je perçois autrui, la qualité de celle-ci dépend-elle toujours d’autrui (de son « intelligence », comme on dit « en bonne intelligence », c’est-à-dire de sa faculté de compréhension) ou de la façon dont je m’ouvre à lui pour l’accueillir dans toutes ses dimensions ?
b)     En ce qui concerne l’expérience de la solitude : pourquoi est-elle éprouvée comme une souffrance ? Que peut-elle m’apprendre sur moi-même et sur mon rapport aux autres ? Doit-elle toujours être évitée ? Dans quelle mesure peut-on parler d’une solitude irréductible liée au fait que personne ne peut, littéralement parlant, « se mettre à ma place » ?

 

 

Peut-on dire, sans abus de langage, d’un individu qu’il est seul alors qu’il se trouve au sein d’une foule importante, à proximité des autres ? De quelle solitude parle-t-on alors ? D’abord, reconnaissons que les autres, ce n’est pas autrui, c’est-à-dire cet autre-ci, en face de moi, avec lequel j’entretiens des relations spécifiques… Mais pourtant qui n’a jamais ressenti un tel sentiment de solitude parfois, alors même qu’il figurait au milieu de la foule ? D’où vient un tel sentiment ? Si la proximité d’autrui ne suffit pas à éviter d’éprouver un tel sentiment, quelle serait la présence qui pourrait nous en délivrer ? En quoi devrait-elle consister, quelle devrait être sa spécificité ? De plus, les autres ne nous ont-ils pas précédés ? En ce sens, la présence d’autrui ne serait-elle pas antérieure à notre sentiment de solitude ? Au fond, ne serait-ce pas parce que l’autre est là sans y être vraiment que nous éprouvons cruellement notre solitude ? En quoi sa présence peut-elle être éprouvée comme un manque ou une carence, voire comme une menace ? Enfin, notre personnalité n’est-elle pas façonnée par l’alternance de la présence d’autrui et s de son absence ? Le petit enfant, par exemple, n’apprend-il pas à surmonter l’absence de sa mère par des substitutions symboliques qui lui permettent de grandir ? En ce sens, la solitude ne serait-elle pas nécessaire à l’épanouissement de tout homme ?

 

philosophe dans le labyrinthe

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