Tout désir est-il désir d'être aimé?

Publié le par lenuki

mars venus

 

Aujourd'hui, je vais inaugurer une réflexion sur le désir à partir d'une question qui me paraît fondamentale: quel est l'objet propre de tout désir humain? Tout désir n'est-il que désir d'être aimé? Et cela sur plusieurs jours, en commençant par une introduction que je vous propose ci-dessous:

 

              

                         Tout désir est-il désir d’être aimé ?

 
Lorsque Lacan distingue la demande du désir, il renvoie à une autre distinction : celle entre l’objet apparent du désir et son objet réel. Ainsi, lorsque le petit enfant demande, lors des courses, un bonbon à sa maman, ce qu’il voudrait signifier en fait sans l’exprimer explicitement, ce serait un désir d’être aimé. On peut donc se demander si tout désir exprimé ne recèlerait pas un désir caché, plus ou moins inconscient : celui d’être aimé. Au fond, tout désir n’est-il que désir déguisé d’être aimé ? A en croire l’étymologie, en effet, désir viendrait du latin désiderare, qui signifierait avoir la nostalgie d’une étoile perdue et de sa contemplation (considération).  En ce sens, nous désirerions ce que nous avons déjà possédé et que nous aurions perdu de vue. Notre désir s’enracinerait dans le manque d’un objet que nous aurions connu dans le passé et que nous ne possédons plus. Comment ne pas songer, ici, au mythe d’Aristophane dans le Banquet de Platon, ou encore à la nostalgie du sein maternel qui caractériserait tout homme selon Freud ? Mais que cherche-t-on, en fait, à travers ce désir d’amour ? Ne serait-ce pas ce que Hegel nomme de la reconnaissance ? A travers ce désir d’être aimé, ne chercherions-nous pas avant tout à exister aux yeux d’autrui, et d’abord de ceux qui nous sont proches, c’est-à-dire nos parents ? Désirer être aimé, ne serait-ce pas dire implicitement : « Je ne suis pas aimé » ou encore « je ne me sens pas aimé » ? Mais comment concilier un tel désir avec celui d’être libre, c’est-à-dire de ne pas dépendre totalement d’autrui dans sa propre existence ? De plus, à trop chercher à être aimé, ne risque-ton pas, paradoxalement, de compromettre son propre bonheur, puisqu’il serait soumis au caprice affectif d’autrui ? Faut-il absolument être reconnu par autrui, dans son désir propre, pour pouvoir être heureux ?

 

tenderness

Publié dans philosophie générale

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