Le bonheur

Publié le par lenuki

 Le bonheur est une affaire privée

 

Le bonheur ne dépend pas de l’Etat

  • L’homme pour être heureux doit se sentir en sécurité, être sans crainte. Tel est le cas dans un Etat de droit, où l’homme est sous la protection des lois, à condition que règne une certaine justice sociale.
  • Mais l’homme ne peut s’en remettre à l’Etat pour son bonheur. Le rôle de l’Etat n’est pas de veiller au bonheur de ses sujets. Son amour pour le peuple est, au premier abord, une idée séduisante. Mais l’histoire montre que le paternalisme est, au fond, l’alibi du despotisme. L’Etat bienveillant ne peut qu’empêcher le peuple de devenir majeur.

 

Le bonheur est individuel

  • C’est ce que souligne Kant : « Un gouvernement qui serait fondé sur le principe de la bienveillance envers le peuple, tel celui du père envers ses enfants, c’est-à-dire un gouvernement paternel, où par conséquent les sujets, tels des enfants mineurs incapables de décider ce qui leur est vraiment utile ou nuisible, sont obligés de se comporter de manière uniquement passive, afin d’attendre uniquement du jugement du chef de l’Etat la façon dont ils doivent être heureux, et uniquement de sa bonté qu’il le veuille également, - un tel gouvernement, dis-je, est le plus grand despotisme que l’on puisse concevoir » [Doctrine du Droit, 1796, chap. II, 1ère section].

 

Le bonheur est un idéal de l’imagination

 

Le bonheur est impossible à définir

  • Ce que les hommes nomment le bonheur n’est souvent que l’objet temporaire et accidentel de leur désir. Comme le souligne Kant, dans Fondement de la métaphysique des mœurs [1785], « malgré le désir qu’a tout homme d’arriver à être heureux, personne ne peut dire en terme précis et cohérents ce que véritablement il désire et il veut ».

 

Le bonheur est un idéal de l’imagination

  • Il n’est, en fait, pas possible de déterminer avec une certitude complète ce qui pourrait rendre heureux. Selon l’expression de Kant, le bonheur est « un idéal, non de la raison, mais de l’imagination ».

 

Le bonheur est dans l’attention au présent et dans l’action

 

La projection dans l’avenir n’est pas le bonheur

  • Si la plupart des hommes ne sont pas heureux, c’est parce qu’ils espèrent l’être.
  • L’impossibilité où est l’homme de se fixer dans le présent est dénoncée par Pascal dans les Pensées [1670] : «  Nous ne pensons presque point au présent ; et si nous y pensons, ce n’est que pour en prendre la lumière pour disposer de l’avenir. Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. »

 

Le malheur est dans la nature humaine

  • Le plus grand ennemi du bonheur est l’affairement. L’homme affairé vit en avant de lui-même. Il ne cesse de s’agiter, de se jeter dans le monde, d’aimer les jeux, les prouesses sportives, les plaisirs variés. En un mot il ne recherche qu’une chose : le divertissement. Frénésie de l’action qui ne vise, en sortant sans cesse de soi, qu’à s’oublier soi-même.
  • Si l’on en cherche les raisons, on les trouve dans la nature même de l’homme. Il y a, dit Pascal, un « malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable, que rien ne peut nous consoler, lorsque nous y pensons de près » [Pensées].

 

Le présent, le temps de la liberté, donc du bonheur

  • Dans sa situation de misère, l’homme s’étourdit de son passé et plus encore de son avenir supposé, mais ne peut, en réalité, jamais être heureux.
  • Beaucoup d’hommes ne vivent pas, parce qu’ils ne vivent pas dans le présent, mais sont toujours hors d’eux-mêmes, tirés en arrière ou en avant par le passé ou l’avenir. Ils ignorent que le présent est le seul temps où ils soient réellement eux-mêmes, libres, le seul temps aussi qui nous donne, grâce à l’action et à la conscience, accès à la totalité du monde.

 

A lire : Epicure, Lettre à Mécénée.

Publié dans politique et morale

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