La morale (fiche Hansen-Love)
Mœurs/ Morale : (etym : du latin mores, " mœurs ", et de moralis, chez Cicéron, qui traduit le grec ethikos, relatif aux mœurs, moral) 1) Sens ordinaire : les mœurs sont les habitudes, les coutumes et les règles d'une société relatives à la bonne conduite et au devoir. La morale est la théorie de l'action humaine en tant qu'elle se préoccupe de ce qui doit être et vise le bien. 2) Chez Kant : les mœurs recouvrent le domaine des conduites inspirées par les désirs et les inclinations, tandis que la morale renvoie à l'action qui relève de la libre volonté. La morale (dite de Kant) se contente d'expliciter les principes qui sont à l'œuvre dans toute expérience d'ordre moral, autrement dit liée à l'observation d' impératifs catégoriques.
Sentiment : (etym : sentire, " percevoir par les sens ", " sentir ", " ressentir "). 1) Sens ordinaire : tous les états affectifs de l'homme
qui, par opposition aux émotions fugitives, comportent une certaine stabilité, tels que l'amour, la joie, le chagrin, mais aussi les sensations et les plaisirs esthétiques ou moraux 2)
Philosophie : en tant que forme supérieure de l'activité affective, le sentiment est le propre de l'homme. Certains sentiments peuvent même comporter une dimension spirituelle ou morale,
comme la bienveillance, la générosité, le sentiment religieux etc...3) Chez certains moralistes (Hume, Rousseau), le sentiment est le véritable fondement de toutes les
inclinations morales qui ne sont des formes de sympathie ou d'amour sublimées. Ils s'opposent en cela aux philosophes rationalistes (Platon, Descartes, Kant) qui considèrent que le
devoir procède de la connaissance de la Loi, elle-même instaurée par la raison.
Vertu : (etym latin virtus, " mérite essentiel ", " vertu " ) 1) Sens ordinaire (vieilli) : volonté de bien faire, souci de l'intérêt de l'autre, force morale. 2) Sens
ancien : puissance, aptitude ou capacité propre à un être (exemple : la vertu de l'œil est de bien voir). 3) Sens moderne : a) Chez Montesquieu : préférence accordée par le citoyen à l'intérêt du
tout (l'Etat) par rapport à la partie ( individu), probité et amour des lois. La vertu (synonyme de civisme) est le principe de la République, c'est-à-dire à la fois son esprit et son
fondement. b) Chez Rousseau : préférence accordée à l'intérêt de l'autre par rapport au sien propre, bienveillance à l'égard du genre humain ; la vertu, conçue ici comme
un sentiment altruiste, est naturellement dérivée de l'amour de soi et de la compassion c) Chez Kant : disposition constante de la volonté qui observe la loi morale dans un esprit
totalement désintéressé.
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Impératif hypothétiques/catégoriques (chez Kant) : L'impératif (etym : imperare, " commander ") est un commandement de la raison
qui s'adresse à la volonté. L'impératif hypothétique ordonne ce qui est indispensable pour réaliser n'importe quel objectif. L'impératif catégorique commande de faire son devoir
inconditionnellement, c'est-à-dire quels que puissent être les obstacles ou les objections.
Fondement (s) : (etym : fundare, " fonder ") 1) Sens général : ensemble des éléments qui constituent les principes de base d'une doctrine ou d'une
théorie philosophique. 2) Chez Kant : c'est la raison qui détermine une chose et précède donc logiquement cette chose. Le fondement de la morale est à chercher dans un examen de la raison par la
raison, c'est-à-dire dans ce que Kant appelle la critique de la raison pure pratique.
Autonomie/ hétéronomie (voir p 00 chapitre la liberté )
Nature (sens général : voir p 00, chapitre Peut-on définir l'homme) : Chez Kant : la nature est " l'existence des choses en tant que déterminées par des lois universelles
". La science de la nature, chez Kant, ne porte que sur ce qui est objet d'expérience possible, jamais sur les choses en soi.
Loi / loi morale : (etym : latin lex, " loi ") 1) Sens scientifique : la loi est une relation constante entre les faits, ou entre les phénomènes ; elle ne
comporte jamais d'exception 2) Sens juridique : règle obligatoire établie par une autorité souveraine afin d'encadrer et de stabiliser les relations entre les hommes 3) La loi morale,
chez Kant : elle est le principe de détermination de la volonté qui est valable pour tous les êtres raisonnables. Elle revêt par définition un caractère d'universalité.
Matière/ forme : (etym : latin mater, " mère ", " source " et latin forma, ensemble des caractéristiques extérieures d'une chose) . Chez Kant : la matière
est le contenu, le but ou encore la fin de l'action, c'est-à-dire ce en vue de quoi nous l'accomplissons, comme la réussite ou le plaisir par exemple. La forme consiste exclusivement dans son
universalité, c'est-à-dire dans un caractère qui lui est inhérent. De façon générale, les formes sont chez Kant des principes qui ordonnent des matériaux empiriques, qui mettent en ordre les
données de l'expérience.
Pratique : (etym : grec : prattein, " agir ") . Chez Kant : la pratique est le domaine de ce qui relève de la
liberté. Ce terme désigne plus précisément le champ des actions humaines en tant qu'elles se soumettent, ou sont susceptibles de se soumettre, à la loi morale.
Phénomènes/ choses en soi : Chez Kant : les phénomènes désignent le réel en tant qu'il est connu, c'est-à-dire tel qu'il se manifeste au sujet qui appréhende le réel
suivant sa sensibilité et son entendement, tandis que la chose en soi désigne ce même réel tel qu'il est en lui même. La chose en soi est inconnaissable, par définition, mais nous pouvons
nous efforcer de la penser.
Piétisme : (etym : latin : pietas, " piété ") Doctrine austère d' une secte protestante luthérienne (17 ième siècle) qui prône la métamorphose
morale de l'homme en insistant sur la piété personnelle et le sentiment religieux plutôt que sur une stricte orthodoxie.
A priori/ a posteriori : Expressions latines qui signifient respectivement : " en partant de ce qui vient avant " et " en partant de ce qui vient après ", c'est-à-dire ce
qui précède et ce qui suit. Chez Kant, " avant " et " après " prennent un sens logique. Est a priori ce qui précède logiquement l'expérience, et qui en constitue donc la condition de
possiblilité. Est a posteriori ce qui en découle et ne peut donc être établi autrement qu'à partir d'elle. L'universel et le nécessaire sont les marques de l' a priori.