Encore quelques conseils?

Publié le par lenuki

Conseils pour se préparer à l'épreuve de philo

 

Nous n'avons pas fait tout le programme...

 

Faut-il paniquer ?

Grande inquiétude à l'approche des épreuves ! A la lecture des différentes notions du programme, on se rend compte qu'il y a des notions qu'on a très peu étudiées ou même certaines dont on n'a même pas vraiment entendu parler...On compare avec les cours des amis qui sont dans d'autres classes, on se précipite sur les fiches résumant chaque thème, on essaye d'y comprendre quelque chose et on finit par se dire qu'il va falloir faire des impasses...

Est-ce la bonne solution ?

Avant de se paniquer, il faut sereinement s'attacher à comprendre le sens du programme de philosophie en terminale. Vous avez devant vous une liste de notions : la conscience, l'inconscient, les passions, la liberté.... Mais il ne faut pas oublier que le cours que vous avez eu dans l'année est avant tout un cours de philosophie, qu'il ne s'agit pas de séparer une réflexion sur les passions et une réflexion sur la liberté par exemple. Les notions proposent de grandes orientations à partir desquelles vous êtes amenés à réfléchir. Il ne faut pas que cela vous piège. Ce n'est pas parce que vous n'avez pas eu un cours ayant explicitement comme titre : " La passion " ou encore " La technique "... que vous n'allez pas pouvoir, le jour du bac faire un devoir sur ces questions.

On vous demande de réfléchir et de construire une argumentation sur un sujet particulier et non de réciter un cours qui par définition recouvre toujours une problématique particulière. 

Pour être plus clair encore prenons deux exemples le sujet :

1/ La passion est-elle une excuse ?

Vous arrivez le jour de l'épreuve et vous lisez un tel sujet. Bien souvent le premier réflexe est de se dire : " J'ai eu un cours sur la passion, je connais mes citations, je prends ce sujet, je vais pouvoir répéter ce que nous avons eu en cours... ". Voilà le piège ! Dans nos conseils de méthode et dans les réponses que nous donnons aux questions, nous insistons sur la position du problème. Cela signifie qu'avant de vous précipiter vous devez vous attarder sur le sujet et analyser précisément la question qu'il pose. Ainsi, dans l'exemple que nous venons de prendre, s'interroger à savoir si la passion est une excuse ne consiste pas à raconter un cours dans lequel nous nous demandions s'il y a " de bonnes ou de mauvaises passions " ! Le sujet ici porte aussi bien sur la question de la passion que sur celle de la liberté par exemple, et pourtant le mot liberté n'apparaît pas dans la formulation du sujet. En effet, se demander si la passion est une excuse, c'est essayer de déterminer si la passion peut me mettre hors de cause lorsque je commets un acte. Cette question renvoie également au problème de la responsabilité : Puis-je estimer qu'étant sous l'emprise d'une passion que je n'ai pas choisie, je ne suis pas responsable de ce que je fais ? Vous voyez qu'une telle question peut poser de véritables problèmes devant la justice par exemple.

2/ Peut-on prendre la nature comme modèle ?

Là encore on peut se paniquer parce qu'on n'a pas eu un cours précis sur la nature. Ou alors on se souvient de son cours sur nature/culture et on raconte tous les problèmes relatifs à l'inné et à l'acquis...

Lisons le sujet avec plus d'attention : On nous demande ici, entre autre, s'il est légitime de prendre la nature comme modèle. Il faut alors se demander dans quels domaines on pourrait avoir tendance à le faire. Si on réfléchit un peu, on peut par exemple penser à la question de l'art comme imitation de la nature, mais aussi au discours politique qui se justifie au nom d'un modèle naturel, voyez par exemple le chapitre 2 du livre I Du contrat social de Rousseau, vous pouvez aussi penser à la question du droit du plus fort qui justifie le droit au nom de la force c'est à dire au nom d'une supériorité naturelle...Vous voyez donc bien qu'il ne s'agit pas ici de simplement réciter votre cours ayant pour titre " Nature/culture ", mais que ce que vous avez pu aborder dans un cours de philosophie politique sur le pouvoir ou sur le droit ou encore ce que vous avez étudié au sujet de la question de l'art peut vous permettre de construire une véritable réflexion intéressante. 

Tout cela pour vous dire qu'il ne faut pas vous enfermer dans un programme trop délimité. Il y a autant de cours sur la passion possibles qu'il y a de professeurs de philosophie. C'est lorsqu'on n'est pas conscient de cela qu'on dit lors des résultats : " Je n'ai pas eu une note terrible en philo, pourtant j'ai récité mon cours mais le correcteur ne devait pas être d'accord avec mon prof... .

La question n'est pas là. Il ne s'agit pas d'être d'accord ou pas. Ce que le correcteur lit le jour de l'épreuve dans votre copie, c'est votre capacité à construire une argumentation. Ce que vous avez pu voir en cours cette année, c'est la manière dont un raisonnement se construit sur des questions diverses. C'est cela que vous devez essayer de reproduire. 

Comment faire alors si " nous n'avons pas fait tout le programme " ?

Vous avez sans doute compris que vous êtes en train de vous poser une question qui vous angoisse, mais qui n'est pas la bonne question à se poser. Voici quelques conseils :

- Vous devez donc avant tout relire votre cours, non pas pour l'apprendre par cœur, mais pour bien comprendre comment une réflexion se construit. Cela ne vous dispense pas d'apprendre des citations, mais à condition d'être capable de bien les expliquer ;

- Entraînez-vous sur des sujets, appliquez-vous à construire des problèmes à partir d'une question précise (vous pouvez pour cela vous reporter à notre rubrique " Réviser et travailler ") ;

- Sachez repérer les grandes distinctions conceptuelles

- Parcourez les annales des sujets et si un sujet vous pose problème, si vous ne voyez pas en quoi votre cours peut vous permettre de l'aborder, posez la question à votre professeur


- En un mot, ne vous réfugiez pas dans le travail tout fait, même si cela est toujours tentant quand les échéances approchent. N'oubliez pas qu'il s'agit avant tout de " Penser par soi-même " c'est à dire non pas de restituer mécaniquement la pensée d'un autre ou de donner son opinion (ce qui revient à penser que le correcteur n'était peut-être pas d'accord), mais bien de réfléchir et de construire une argumentation, la plus claire possible.

Alors bon courage et ne vous encombrez pas l'esprit de faux problèmes.

 

 

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