Fiche sur la conscience

Publié le par lenuki


 LA CONSCIENCE

 La conscience est une forme de savoir premier: «cum scientia», accompagné de savoir

  • Le «moi» est ce qui donne au sujet l'illusion de son identité.
  • La conscience est ce par quoi l'homme est homme. Par sa faculté consciente, l'homme se situe au dessus de la nature.

 

La conscience, un mode de perception des choses

Il faut faire la distinction entre :

-         conscience spontanée : perception du monde intérieur et extérieur. La conscience est la réaction du « je » à un objet soit extérieur soit intérieur. Cette distance au monde est nécessaire à la connaissance.

-         conscience réflexive : retour de notre esprit sur lui-même

 exemple : surpris ou déçu, je peux prendre la mesure de ma surprise en faisant retour sur moi-même.

 

         je suis donc à la fois dans le monde et face au monde : Elle implique une forme de dédoublement : je suis au lycée et je sais que j'y suis, c'est-à-dire que je ne suis pas seulement dans la monde mais face au monde.

 

Conscience morale

-         « juge infaillible du bien et du mal » (Rousseau)

-         elle permet à l'homme de s'élever au dessus des bêtes

 

 Le cogito de Descartes

-         « Je pense donc je suis »

-         « je suis en toute certitude une chose qui pense »

Descartes cherche quelque chose qui ne pourra pas être remis en question

doute systématique : nos sens peuvent nous tromper : doute du corps

je me trompe alors je doute  il ne peut pas douter qu'il est en train de douter, qu'il pense : le fait de penser qu'il doute prouve son existence. « je pense donc je suis ».

 

 réponse des autres philosophes : « je me promène donc je suis » devrait être correct. Descartes annonce que nos sens peuvent nous tromper, il ne faut pas leur faire confiance (exemple des rêves).

 

Toute conscience est « tensions vers » (phénoménologie)

  • conscience intentionnelle
  • «le mot intentionnalité ne signifie rien d'autre que cette particularité foncière générale qu'a la conscience d'être conscience de quelque chose».
  • La pensée ne peut pas se penser sans penser l'objectivité de l'objet.
  • Le «Je pense» doit pouvoir accompagner toutes mes représentations La conscience est conscience de quelque chose, ce qui constitue l'être de la conscience, mais que la conscience n'est pas, faute quoi il faudrait faire de la conscience une chose.

 

La conscience comme séparation

  • séparation monde / soi

prendre conscience du monde, c'est poser le monde comme objet en face du sujet que je suis.

        ex : ainsi l'enfant, du moment qu'il dit « je », il met le monde à l'écart ? A partir de ce moment, l'enfant se pense. Auparavant il se sentait

  • séparation de moi-même (Sartre)

        ex : il y a le « moi » qui est timide et le « je » qui sait que le moi est timide.

 

Le moi se révèle dans l'effort

  • le moi ne peut prendre conscience se son existence qu'en s'opposant à un objet résistant qui se distingue de lui.
  • on n'a conscience de soi que grâce à la présence des choses face à nous

 

 La conscience signifie « choix »

  • la conscience remplit une fonction de sélection (contrairement à l'inconscient), elle est liée à l'action. Une tâche actuelle sollicite ma conscience.
  • Puisque être conscient, c'est chercher la meilleure solution d'un problème, alors la conscience est liberté.


La conscience désigne l'intuition qu'a l'homme de lui même et du monde. Je sais donc que je suis et qu'il y a un monde. En d'autres termes, je suis conscient d'être conscient et d'être au monde, c'est à dire au sein d'une réalité qui n'est pas la conscience. Telle est la distinction fondamentale entre le sujet et l'objet, le sujet désignant toujours l'être pensant et l'objet l'être pensé.

I- DESCARTES (1596 - 1650) :

 

Cette notion d'être pensant a été approfondie par Descartes dans l'expérience du doute universel.
En effet, Descartes constate au sortir de ses études que la plupart des connaissances sont incertaines.

Qu'est-ce donc qui peut être tenu pour certain ?

Sous l'exigence d'une telle question, non seulement toutes les connaissances sont mises en cause mais également la réalité du monde extérieur et de mon propre corps. Or, quand bien même je penserai que tout est faux, il faudrait que moi qui le pense fusse quelque chose. Autrement dit, quand je doute de tout, je suis au moins sûr d'une chose :
C'est que je doute.
Ce qui revient à faire jaillir la vérité du doute même.
Telle est la dimension réflexive du cogito théorique.

 

II- HEGEL (1770 - 1831) :



Mais l'homme ne se limite pas à la seule activité pensante car il est confronté au réel qui exige de lui l'action. Voilà pourquoi, comme l'a compris Hegel, le cogito théorique se double d'un cogito pratique par lequel l'homme construit un monde à visage humain, c'est à dire un monde selon l'homme. L'histoire n'est pas autre chose que cela.

Hegel écrit que :
"L'homme se constitue pour soi, pour son activité pratique parce qu'il est poussé à se reconnaître lui-même dans ce qui s'offre à lui extérieurement. Il y parvient en changeant les choses extérieures qu'il marque du sceau de son infériorité et dans lesquelles il ne retrouve que ses propres déterminations."

Ainsi, "le petit garçon qui jette des pierres dans le torrent et admire les ronds qui se forment dans l'eau. Il admire en fait une oeuvre où il bénéficie de sa propre activité qu'il contemple."

III- Sartre (1905 - 1980) :


Au XX° siècle Sartre insistera sur l'opposition entre l'en-soi et le pour-soi, c'est à dire entre l'objet et le sujet ou entre le monde et la conscience.
Chez Sartre en effet, l'en-soi est synonyme de réalité matérielle. Il est donc ce qu'il est. Il n'a pas de dedans qui s'opposerait à à un dehors. Il est massif. En revanche, le pour-soi est ce qu'il n'est pas et n'est pas ce qu'il est. Il est non adéquation de soi à soi comme de soi au monde. Il est exactement l'être des lointains comme le dit Heidegger. C'est à dire toujours un peu en avant comme en arrière de lui même. Il n'est jamais à lui même son propre contemporain. Voilà pourquoi le pour-soi nous oblige à d'incessants renouvellements qui sont la marque même de la liberté, c'est à dire la transcendance du sujet au sujet par rapport à l'objet.

 

CONCLUSION :

On comprend désormais la singularité conférée à l'homme par le seul fait de sa conscience. Il n'y a jamais quoi que ce soit que par une conscience pré-existante qui décide qu'il y a quelque chose et qui cherche à savoir la nature de cette chose ainsi reconnue.

C'est donc la conscience qui fait la liberté et la responsabilité sans lesquels il n'y aurait aucune valeur en ce monde.

 

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