Différentes conceptions du bonheur ( article Sciences Humaines)

Publié le par lenuki


Bonheur. De Schopenhauer à Loft Story


Jean-François Dortier

Arthur Schopenhauer (1788-1860) était un ombrageux, un aigri, un pessimiste. « La vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui » , note-t-il dans son Journal .

 

Son entourage familial ne le prédisposait pas au bonheur. Deux de ses oncles paternels avaient connu l'asile ; son père, bien qu'ayant réussi dans les affaires, était dépressif et lorsqu'il se tua en 1806, en tombant du grenier, on ne sut jamais s'il s'agissait d'un accident ou d'un suicide.

Sa mère, Johanna Schopenhauer, romancière à succès, était d'une totale froideur et indifférence à l'égard de ses enfants. Lors d'une dispute familiale, elle prit d'ailleurs parti pour son amant contre son propre fils ; après cette brouille, ils ne se revirent jamais. Quant à Adèle, la soeur d'Arthur, elle était elle aussi en proie à des angoisses et obsessions. Elle finira par se suicider en 1849.

Sur le plan professionnel, A. Schopenhauer a d'abord connu les échecs et les frustrations professionnelles. Nommé privat docent en philosophie à l'université, les étudiants désertent ses cours pour assister à ceux de Hegel, son rival. Son grand livre, Le Monde comme volonté et représentation (1818, réed. Puf, 1996), est passé totalement inaperçu à sa parution. Finalement, il quittera l'université, convaincu que ses collègues se sont ligués contre lui.

Schopenhauer a passé sa vie à colporter son mal-être et à ruminer sa rancoeur contre ses contemporains. A sa mort, on a pourtant retrouvé dans ses notes personnelles un petit opuscule en cours de rédaction consacré à « l'art d'être heureux » (1).

Dans ses carnets, A. Schopenhauer présente « 50 règles de vie » susceptibles de rendre la vie moins pénible. Car le philosophe ne croît pas du tout au bonheur absolu. Dès la première règle, il affirme sans équivoque le bonheur impossible : « Nous entrons dans la vie pleins d'exigence de bonheur et de jouissance, et nous avons l'espoir fou de les réaliser jusqu'à ce que le destin nous tombe dessus sans ménagement. [...] Vient alors l'expérience et elle nous enseigne que bonheur et jouissance sont pures chimères. » S'il est vrai que la vie est souffrances, déceptions, frustrations, le seul but raisonnable du sage n'est donc pas d'atteindre un bonheur chimérique. A défaut, il s'agit de gérer sa vie au mieux, en évitant les souffrances inutiles que l'on inflige à soi-même et aux autres.

A partir de là, il énonce quelques règles de vie destinées à surmonter le malheur. Ainsi, la règle numéro deux conseille « d'éviter la jalousie ». « Tu ne seras jamais heureux tant que tu seras torturé par un plus heureux. » De même, il ne faut pas non plus chercher à susciter la jalousie chez autrui. La troisième règle affirme qu'il ne faut pas chercher à trop s'éloigner de ses tendances et penchants naturels. « En effet, de même que les poissons ne sont bien que dans l'eau, l'oiseau seulement dans l'air, la taupe uniquement sous terre, ainsi chaque homme ne se sent bien que dans l'atmosphère appropriée pour lui. » Il ne sert à rien de vouloir forcer sa nature pour atteindre quelque bien. Certains se sentent bien dans la solitude, d'autres aiment la cour, certains sont des créatifs, d'autres des contemplatifs. Rien ne sert d'aller à l'encontre de soi-même. « On n'apprend pas à vouloir », affirmait déjà Sénèque.

Parmi les autres règles de vie prônées par A. Schopenhauer, citons en vrac : « Faire de bon coeur ce qu'on peut, et souffrir de bon coeur ce qu'on doit » (règle n° 6) ; ou « Limiter le cercle de ses relations : on offre ainsi moins de prise au malheur » car « La limitation rend heureux » (règle n° 8). « Le bonheur appartient à ceux qui se suffisent à eux- mêmes » (règle n° 48).

A. Schopenhauer présente, en fait, une sorte de « digest » des règles de la sagesse antique. La leçon générale qui s'en dégage est simple : il faut se contenter de ce que l'on a, repousser les désirs inutiles, se satisfaire des joies simples de la vie...

Le bouddhisme a eu également une influence décisive sur A. Schopenhauer. « A 17 ans, je fus saisi par la détresse de la vie comme le fut Bouddha dans sa jeunesse, lorsqu'il découvrit l'existence de la maladie, de la vieillesse, de la souffrance et de la mort. » Les Nobles Vérités du Bouddha enseignent que toute vie est souffrance, que la souffrance est liée au désir insatisfait. Et que pour supprimer la souffrance, il faut donc supprimer le désir... L'art d'être heureux de A. Schopenhauer fait partie d'un genre, redevenu très à la mode aujourd'hui. Toute une littérature philosophico-pratique, centrée sur l'art de vivre, se retrouve désormais à la vitrine des libraires, et même - marque de succès - dans les rayons de supermarché. Penser sa vie (Fernando Savater, Seuil, 2000), L'Art du bonheur (Dalaï-Lama et Howard Cutler, Robert Laffont, 1999), Platon, pas de Prozac ! (Lou Marinoff, éd. Logiques, 2000).

Destinés au commun des mortels, ces livres ont en commun de rompre avec tout jargon, toute référence érudite ou débat spéculatif. De ces ouvrages, il se dégage quelques motifs fondamentaux issus de toutes les sagesses antiques, d'Orient ou d'Occident. Elles ne croient guère à l'existence d'un bonheur absolu. Le bonheur absolu n'est qu'un « produit de l'imagination » (Emmanuel Kant), c'est-à-dire au fond, une chimère, un rêve, qui ne fait qu'idéaliser nos désirs du moment. Pour éviter la souffrance, il faut éviter de vivre toujours dans un au-delà : nostalgie du passé ou espoir d'un avenir meilleur.

Le bonheur est lié à la tempérance. Il faut apprendre à ne pas trop demander et à retrouver le goût des choses simples. Cette vision du bonheur modeste, que l'on peut trouver dans les petits riens de la vie quotidienne, est bien dans l'air du temps. Elle a sa version cinématographique (Le bonheur est dans le pré d'Etienne Chatiliez, Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Genet) ou littéraire (La Première Gorgée de bière de Philippe Delerm, Gallimard, 1997). Cette vision du bonheur simple, champêtre, enfantin... prend le contre-pied de nos vies trépidantes de citadins stressés, préoccupés par la surcharge de travail, la course permanente, le désir de tout faire à la fois.

Un bonheur conforme ?

A cette image du bonheur simple et frugal, proche de l'ascèse, notre société oppose pourtant un autre modèle. Un modèle fondé sur la « réalisation de soi », la quête effrénée des plaisirs, l'exaltation des sens. Il est fondé sur une vision plus trépidante, plus exaltante, plus débordante de vie du bonheur terrestre.

Ce modèle « hédoniste » d'un bonheur terrestre, individuel et matériel, possède plusieurs versions.

Sur le plan philosophique, l'hédonisme plonge ses sources dans l'Antiquité grecque avec l'école des Cyrénaïques. Aujourd'hui, un auteur comme Michel Onfray en vante avec talent les attraits. Il repose sur la jouissance charnelle sous toutes ses formes : de l'érotisme aux plaisirs de la table. Cette image du bonheur possède une version festive, façon Ibiza (« sea, sex and sun »), une version aventurière (« le tour du monde en vélo »), une version sportive (« les sports de gliss »), une version romanesque (« faire de sa vie un roman »), une version héroïque...

Une autre traduction de l'hédonisme moderne est incarnée par l'utilitarisme. Le bien-être matériel, le confort, la richesse matérielle, l'expansion continue des biens, mais surtout du temps libre, des loisirs, du développement personnel. Cette version du bonheur est très conforme au culte du sujet et à l'idéologie de la réalisation de soi et de l'épanouissement personnel propres à nos sociétés.

L'histoire de l'idée du bonheur en Occident reste à faire. La généalogie de la version « hédoniste » moderne remonterait sans doute au siècle des Lumières et à la Révolution. « Le bonheur est une idée neuve en Occident », proclamait Saint-Just. Au Moyen Age, l'Eglise avait rejeté la promesse du paradis dans l'au-delà. Il fallait d'abord payer son lot de souffrances sur Terre pour espérer atteindre la félicité dans l'autre monde. « Heureux les pauvres, car le royaume des cieux leur appartient », soufflaient à l'oreille des miséreux les directeurs de conscience. Vous, les pauvres, n'ayez crainte de souffrir; endurez le mal, c'est à ce prix que vous connaîtrez plus tard le salut. Quant aux preux chevaliers, le bonheur n'était pas leur préoccupation première. La gloire, les honneurs, l'héroïsme passaient bien avant le plaisir.

En rupture avec les morales du devoir et de la soumission, la Révolution affirmait donc le droit au bonheur pour tous : un bonheur terrestre, actuel et démocratique. Ce droit nouveau accompagnait en quelque sorte les idéaux de liberté et d'égalité. Pour la bourgeoisie conquérante, cette idée du bonheur prendra d'abord la forme du confort matériel, de la satisfaction des plaisirs matériels pour tous. « Le bonheur possible pour le plus grand nombre », proclame Jeremy Bentham, le père de l'utilitarisme.

Au xixe siècle, cet idéal ne résistera pas aux souffrances infligées par les premiers chocs de la révolution industrielle. Le puritanisme des classes dirigeantes (pour l'éthique protestante, le travail passe avant les plaisirs), les conditions de vie et de travail misérables des classes laborieuses repousseront loin les promesses de bonheur. Au xixe siècle, la figure de l'émancipation sera traduite dans le cadre des utopies communautaires (Charles Fourier), des rêves socialistes (Karl Marx), c'est-à-dire reléguée dans un monde futur. Il faut attendre le début du xxe siècle pour qu'une certaine aisance matérielle commence à toucher les nouvelles classes moyennes et qu'une partie des classes laborieuses entrevoit la sortie de la misère. Le bonheur semble enfin à portée de main. Durant la Belle Epoque, l'image du bonheur remplace celle du progrès : celui des techniques (la fée électricité, le téléphone, l'automobile, l'aéroplane, le cinématographe), de la consommation (le bon marché, la naissance de la mode), le début des loisirs (les ginguettes ou les bistrots, les dîners en ville, les premiers bains de mer).

Mais, à peine prit le temps de goûter ces nouveaux plaisirs que survient la Grande Guerre - ses massacres - suivie vingt ans plus tard d'une seconde guerre, encore plus meurtrière. L'élan était encore une fois stoppé. Il faut attendre les années 50 pour que l'espoir reprenne le dessus. Pour les générations qui avaient connu la guerre, la souffrance, la dureté du labeur, le bonheur va alors prendre le visage de la croissance, du « bien-être » matériel, du « confort moderne », de la société de consommation et de l'American way of life. Le rêve du salarié : posséder une voiture, une télévision, et un petit pavillon de banlieue fleuri de géraniums où il inscrira au-dessus de la porte « Sam' suffit ». Il rêve que ses enfants réussissent dans les études (qu'il n'a pas eu la chance de faire lui-même) et leur souhaite d'accéder ainsi à une « bonne situation ». Mais pour les générations du baby-boom, cette formule du bien-être avait quelque chose d'étriqué, de médiocre, d'ennuyeux, de répétitif. A bas la vie quotidienne... Contre ce petit bonheur bourgeois, 1968 affirmera d'autres idéaux. L'utopie libératrice de la révolution, les communautés utopiques et libertaires, le rêve hippy du « peace and love », l'évasion : « Soyons réalistes, demandons l'impossible » ; « Ne travaillez jamais » ; « Sous les pavés, la plage ». Que sont devenus, trente ans plus tard, les idéaux de 1968 ? Leur destin est contradictoire. Les rêves collectifs (révolution sociale, communautés) ont disparu. Non seulement parce que les expériences communautaires ont échoué et que le communisme a révélé sa dure réalité avant de s'effondrer. Mais aussi parce que l'engagement collectif a fortement reculé au profit d'un repli sur la sphère privée. Retour de balancier historique entre le « bonheur privé et l'action publique » décrits par Albert O. Hirschman (2). D'autres valeurs issues de 1968 se sont imposées : la libération des moeurs, la permissivité, les revendications d'autonomie, l'authenticité, la communication, le culte du corps, les loisirs, la sexualité, l'épanouissement personnel... La « soif de vivre » a triomphé. On sait comment le capitalisme a même récupéré à son profit une partie de ces idéaux. En les intégrant dans ses modèles de consommation, de loisirs, de management (3).

Pour les enfants de la crise - nés après 1968 -, l'image du bonheur semble se résumer à un étonnant syncrétisme. S'y mêlent les idéaux libertaires de leurs parents : le souci d'authenticité (« soit vrai »), le plaisir festif (« s'éclater », « se lâcher »), le refus des contraintes (« ne pas se prendre la tête »); et les rêves de succès : gagner de l'argent, devenir une star, avoir une belle maison.

L'euphorie perpétuelle et le devoir de bonheur

Ce « bonheur conforme » s'incarne dans la publicité, les émissions de télévision. Loft Story en a donné une image caricaturale : Loana - la poupée Barbie du Loft - gagne une belle maison, devient mannequin. Laure, sa rivale, connaîtra aussi le succès : une belle voiture, quatorze jours de vacances « de rêve » aux Bahamas et un travail prestigieux : engagée par une radio, elle tiendra une chronique consacrée à la beauté. Tout cela n'ayant demandé aucun effort.

A partir des années 90, dans les sociétés industrialisées, le bonheur et l'épanouissement personnel sont devenus la norme de vie, le seul « bien suprême » aurait dit Aristote. Cette soif de vivre s'exprime même dans un credo, « se faire plaisir ». Coûte que coûte.

Pour Pascal Bruckner, « un nouveau stupéfiant collectif envahit les sociétés occidentales : le culte du bonheur. Soyez heureux ! » Un véritable « devoir de bonheur » qui pousse à tout juger à l'aune du plaisir personnel. Résultat: « Cette assignation à l'euphorie rejette dans l'opprobre ou le malaise ceux qui n'y souscrivent pas. » Au malheur de ne pas être heureux s'ajouterait donc la honte de ne pas l'être. Paradoxe du bonheur : érigé au rang d'idéologie officielle, il condamnerait doublement celui qui ne l'est pas.

A cela, l'écrivain Michel Houellebecq, retrouvant le pessimisme fondamental de A. Schopenhauer, répond : « N'ayez pas peur du bonheur : il n'existe pas (4)





Les recettes du bonheur : des Grecs aux modernes

 

La sagesse grecque

Pour la plupart des philosophes de l'Antiquité, le bonheur est le « souverain bien », l'objectif ultime de la vie. Aristote affirme que c'est en fait dans l'accomplissement de sa fonction propre que l'homme peut atteindre le bonheur. Le propre de l'homme étant la pensée, c'est dans l'usage de la raison qu'il trouve à s'accomplir vraiment.

Les sagesses antiques proposent à l'homme de trouver la voie du bonheur dans la pratique de la tempérance, du juste contrôle de ses désirs. Pour Epicure, le bonheur ne survient que si l'on apprend à ne désirer que ce qui est à notre portée.

Le stoïcisme (Marc Aurèle, Sénèque) suggère d'accepter ce qui nous arrive. La quête de biens inaccessibles ne peut qu'engendrer le malheur. Cette doctrine n'est pas loin du message bouddhiste qui pose qu'il est possible d'atteindre la sérénité par l'annulation des désirs.

L'éthique chrétienne

Dans le christianisme, la perspective du bonheur est renvoyée après la mort : il prend le visage du paradis. Pour l'atteindre, il faut donc pratiquer ici-bas la vertu et endurer la souffrance.

Aux côtés de ce discours de consolation, le christianisme va surajouter également des perspectives de bonheur terrestre. Il y a d'abord la voie mystique, qui affirme qu'ont peut connaître l'extase et la béatitude dans une sorte d'union spirituelle avec Dieu, obtenue par la prière.

Par ailleurs, la pratique des vertus chrétiennes (charité, amour d'autrui) est censée procurer autant de joie à celui qui donne qu'à celui qui reçoit. Ainsi, en 1727, le père Calmel fait paraître une Méthode facile pour être heureux dans laquelle il explique que c'est par la charité et le don de soi que le chrétien réalise un double bénéfice : le plaisir immédiat et, en prime, le salut éternel réconciliant ainsi la morale chrétienne (le devoir de charité) et le bonheur terrestre.

Le bonheur au XVIIIe siècle

« Le bonheur est une idée neuve en Occident », affirme Saint-Just. Contre la morale chrétienne souffle un vent de liberté. A partir du xviiie siècle paraissent de nombreux traités sur l'art d'être heureux. Le libertinage des Lumières vante les plaisirs des sens et l'exaltation des passions. Pour l'utilitarisme anglais, l'individu recherche une satisfaction maximale par « le calcul scientifique de ses plaisirs et de ses peines » (Jeremy Bentham). Le bonheur de tous repose sur la meilleure répartition des biens.





Refaire le monde dans sa tête

 

«S e croire en altitude. Durée quinze à trente minutes. Matériel : pièce close. Effet : Ascensionnel. » « Vous êtes n'importe où. [...] L'expérience consiste à tenter de faire monter tout ce qui vous entoure à une altitude remarquable, par exemple 4000 mètres. Pure autosuggestion. Rien, dans ce que vous voyez autour de vous, n'est radicalement modifié. Mieux vaut choisir une pièce close. [...] Vous devez seulement glisser petit à petit dans une lumière plus transparente, allégée. Votre respiration va devenir plus profonde et plus rapide : l'oxygène se raréfier. Vous ressentez si possible de légers picotements à l'intérieur des narines. »

A défaut de délivrer les clés du bonheur, la philosophie peut offrir quelques petites recettes dans l'art de vivre. C'est ce que propose Roger-Pol Droit à travers 101 petites expériences, déroutantes, ravissantes, inquiétantes, originales. Exemples : « Retrouver des souvenirs perdus », « mettre les étoiles en bas », « épluchez une pomme dans sa tête », « Entrer dans l'espace d'un tableau », « partir à la recherche d'une caresse infime » .

De ces expériences, qu'on ne s'attende pas qu'elles nous mènent au Nirvana, à la béatitude, à la jouissance suprême. Non, simplement à une autre façon de voir le monde, de se déconditionner. Essayez, le résultat est étonnant. Parfois, un petit moment de grâce. Parfois, un certain malaise. Parfois, un effet déroutant ( «Prendre une douche les yeux fermés » ). « Pourquoi s'halluciner, se donner tant de mal, se persuader de tant de choses fausses ? Vous y gagnerez au moins quelques doutes sur l'objectivité. Et surtout cette conviction : il est possible, au moins par moment, de rêver le monde avec son corps.

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Publié dans politique et morale

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