Etre à la place d'autrui, est-ce encore être à la mienne?

Publié le par lenuki

empathy-roots

Se mettre à la place de l’autre ?

A)    Paradoxes
Etre à la place de l’autre ( littéralement ) ne supposerait pas seulement un déplacement de point de vue, mais une transformation complète de nature ( je ne suis plus moi, je suis l’autre, ce qui est impossible ). Si j’étais en effet totalement à la place de l’autre, serais-je encore moi-même ?
D’où : être à la place de l’autre ne peut renvoyer à une identification totale à l’autre, mais à un effort d’adoption partielle d’un point de vue étranger. Donc, ce ne peut être ni un fait, ni une possibilité effective, mais seulement une intention ou une exigence.


B)    Un défi ?
La question se présente donc comme un défi, qui implique :

+ au niveau affectif : un renoncement au narcissisme. L’amour immédiat de nous-même rend-il possible le déplacement exigé ?

+ au niveau intellectuel : un abandon de l’égocentrisme. Tendance « naturelle » : juger les choses de son point de vue. Ce qui est en jeu : mon « intelligence » au sens de capacité à adopter des conceptions qui ne sont pas habituellement les miennes.

+ au niveau moral et politique : un dépassement de l’égoïsme ou de l’intérêt strictement privé. Ce serait poser au principe de mon action non pas ce qui pourrait satisfaire mes intérêts, mais une référence à une humanité universelle.

C)    Intérêt d’un tel effort de substitution ?
En quoi cela peut-il modifier notre approche de l’autre ?

+ connaître mieux l’autre ? Si connaître, c’est recueillir des informations objectives, ne connaît-on pas mieux l’autre en restant soi-même, comme observateur extérieur ?

+ comprendre mieux l’autre ? La compréhension de l’autre n’exige-t-elle pas cet effort de substitution ? Comprendre l’autre, en effet, n’est-ce pas essayer d’entrer dans la logique de ses actions, dan ses motivations ou intentions ? Mais, en même temps, cette compréhension implique une distance : l’autre reste objet de mon intention de le comprendre, donc à distance : compréhension n’est pas confusion moi / autre.

+ mieux juger l’autre ( moralement par exemple ) ? Pour évaluer la valeur des actes de l’autre, ne faut-il pas, dans un premier temps, se mettre à sa place d’une certaine façon ( pour savoir quelles ont été ses intentions ) ? Mais ensuite ne faut-il pas s’en détacher pur confronter ses actes aux principes de la morale ? Comprendre n’est pas juger.

caméléon

Publié dans le sujet

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article