L'homme et la conscience

Publié le par lenuki



« Un chien qui  meurt et qui sait qu’il meurt comme un chien et qui peut dire qu’il meurt comme un chien est un homme » Erich Fried

Au fond la différence entre l’homme et l’animal ne se logerait-elle pas dans le pouvoir métaphorique ?

 

La conscience est-elle le propre de l’homme ?

 

Analyse des termes

 

Conscience 

                    L’intuition plus ou moins claire qu’un être a de ses états et de ses actes à des

        degrés de conscience, depuis la conscience très obscurcie (à la limite de

         l’inconscience), jusqu’à la lucidité extrême (celle du sage par exemple).

         Distinguer quatre formes de conscience :

·         conscience immédiate : le sentiment d’être.

  • conscience réfléchie : le retour sur soi pour interroger ses pensées ou ses actes => conscience immédiate. C’est la conscience de soi.
  • conscience réflexive : l’homme se pense d’un point de vue philosophique (cf. cogito de Descartes) = l’homme comme animal métaphysique.
  • Conscience morale : le pouvoir d’évaluer, de juger ses pensées et ses actes en fonction de valeurs (le juste / l’injuste ; le bien / le mal, etc. …).

 

Le propre de

Ce qui appartient exclusivement à un être.

Ses caractéristiques essentielles (son essence).

Ce qui définit un être.

La nature d’un être.

 

Homme

Au sens le plus général (point de vue biologique) : l’espèce Homo sapiens sapiens, mammifère binaire à station verticale de l’ordre des primates, doué de langage articulé et capable de conscience de soi.

 

Problématique

Traditionnellement, que ce soit dans l’Antiquité comme conscience morale ou à partir de Descartes comme substance pensante, la conscience est considérée comme caractérisant la nature, l’essence, c’est-à-dire le propre de l’homme. Or la science contemporaine n’a-t-elle pas tendance à dénier à la conscience le fait de constituer une spécificité humaine ? De même, selon Aristote tout être vivant n’est-il pas doté d’une âme ? » Ou selon Bergson la conscience n’est-elle pas coextensive à la vie ? La conscience, en ce cas, ne serait-elle pas commune aux êtres vivants et aux êtres humains ? De plus, on ne peut pas perdre son essence, alors qu’on peut perdre conscience. Enfin, l’homme n’est-il que conscience ? N’est-il pas, aussi un corps (cf. Nietzsche), des pulsions inconscientes (cf. Freud) ?

Comment, en ce cas, la conscience pourrait-elle le caractériser en propre ?

Mais la conscience morale est-elle partagée par l’homme et l’animal ?

De plus, l’homme n’est-il pas un animal métaphysique, doté de conscience réflexive ? Enfin, selon Sartre, peut-on parler d’un propre de l’homme ?

L’homme n’est-il pas cet être indéterminé capable de se définir à partir de ses actes ? Comment cela serait-il possible sans conscience de soi comme fondement de liberté ?

 

Plan possible

  1. Selon la tradition philosophique, la conscience est le propre de l’homme

comme conscience morale (cf. sagesses antique, ou le démon de Socrate).

comme substance pensante, cf. Descartes.

comme pouvoir de dire « Je » cf. Kant.

comme source de l’identité de l’homme. Cf. Locke.

Transition

Mais cela ne correspond-il pas à une surestimation de la conscience (cf. les philosophes du soupçon : Nietzsche, Freud) ?

Ou même à une surestimation de l’homme par rapport à l’animal ?

 

  1. La conscience ne concerne-t-elle pas tous les êtres vivants ? 

De plus, l’homme n’est-il que conscience ?

a)      Aristote : tous les vivants ont une âme, plus ou moins complexe.

b)      Bergson : la conscience est coextensive à la vie.

c)      La science contemporaine : les animaux ont une sensibilité, des représentations, le sentiment d’eux-mêmes, donc une conscience (au moins les animaux les plus proches de l’homme).

De plus, la conscience n’est-elle pas un épiphénomène ?

Cf. Nietzsche : la superficialité de la conscience par rapport au corps, ou Freud : l’inconscient tout aussi important (sinon plus) que la conscience.

Comment, en ce cas, la conscience pourrait-elle constituer le propre de l’homme ?

Mais, à propos de l’homme, peut-on parler d’un propre ?

N’est-il pas un animal capable de déterminer ce qu’il est ?

 

  1. Y a-t-il vraiment un « propre » de l’homme ?.

Comme propre de l’homme la conscience morale ne serait-elle pas plus appropriée ?

                        L’homme comme animal métaphysique n’est-il pas un être à part ?

                        Enfin (cf. Sartre) peut-on parler d’un propre de l’homme ?

                        « L’existence précède l’essence » : l’homme existe d’abord, il se définit

 ensuite, en agissant.

Mais l’homme pourrait-il le faire sans conscience réflexive (c’est-à-dire sans se

 penser lui-même) ?

 

Conclusion

                        Même si la conscience réflexive peut définir le propre de l’homme, cela ne

 veut pas dire pour autant que cette différence constitue un privilège ou une

 supériorité. N’est-elle pas, au contraire obligation morale d’exercice et de développement engageant l’homme dans la voie de l’accomplissement et de la réalisation de soi ?   

     

 

 

 

 

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