Présence d'autrui contre la solitude?

Publié le par lenuki

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Pour le sens commun, la présence d’autrui est la négation même de la solitude : nous sommes seuls lorsque personne n’est là… La présence d’autrui est donc première. La solitude est ressentie comme douloureuse parce qu’elle interrompt des relations avec les autres. Notre état premier (et quasi « naturel ») serait donc dans un contact permanent avec autrui. N’est-ce pas pour favoriser un tel contact qu’ont été inventés les téléphones portables, qui nous rendent joignables à tout moment, ou encore les réseaux sociaux qui multiplient comme par enchantement le nombre de nos « amis »… ? Faut-il vraiment se sentir bien seul pour se laisser berner par de tels mirages ! Autrui, de plus, n’est-il  pas constamment présent par le dialogue direct (les conversations courantes) ou indirect (livres, journaux, télévision, etc…) ? Sans compter que tous les objets dont nous nous servons témoignent sans discontinuer de sa « présence ». Ce contact avec autrui se manifeste par l’utilisation de signes communs, dans des échanges gestuels ou verbaux. Ainsi, la présence d’autrui m’évite la solitude, puisque j’ai toujours la possibilité de parler avec quelqu’un, même que je ne connais pas (cf. les rencontres fortuites dans le train, par exemple). Mais cette présence d’autrui reste néanmoins fragile. Si la présence physique d’autrui semble effectivement nous éviter la solitude, qu’en est-il lorsqu’ autrui ne répond pas à nos attentes ? Ne peut-on pas se sentir bien seul le jour d’une rupture et cela même alors qu’on est aussi près que possible de celle que l’on aime ? Ne peut-on pas aussi éprouver de la solitude lorsque la communication avec autrui échoue ou n’est que superficielle (« bonjour, bonsoir » !) ? En ce sens, la seule présence d’autrui ne semble pas pouvoir garantir une relation authentique.

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