Puissance et maîtrise du désir

Publié le par lenuki

 

 

désir attelage ailé

 

 

  1. 1.      Comment maîtriser le désir ?

 

 

Du fait de cette dépendance et comme il a souvent trait à des biens matériels ou des plaisirs charnels, on peut penser que le désir est une manifestation du corps sur l’esprit, ou qu’il est l’expression des attentes du corps communiquées à l’esprit. Tel est le jugement de Descartes dans Les Passions de l’âme. De ce fait, tous les désirs doivent être pris en compte, car c’est la bonne marche du corps qui est en jeu.

 

Mais les choses ne sont pas aussi simples : en se manifestant à l’esprit, le désir produit souvent une vive émotion qui perturbe le jugement et empêche de considérer l’objet désiré avec prudence, d’où le risque d’une soumission  excessive à des désirs de plus en plus nombreux, ou de plus en plus intenses. De plus, le corps n’est pas toujours fiable pour signifier ce qui lui est vraiment utile : on le voit dans le cas des drogues. Un grand plaisir corporel peut accompagner des choses profondément nuisibles, et inversement.

 

 

Il faut donc, selon Descartes, maîtriser les désirs, pour qu’ils nous soient profitables. Deux conditions à cela : connaître le mieux possible la nature vraiment bonne ou non des objets désirés, et agir en fonction de cette connaissance. C’est alors la volonté qui s’oppose au désir. La volonté constitue, selon Descartes, la force d’action et la décision émanant de l’esprit seul. Elle permet, par exemple, d’interrompre ou d’empêcher l’action venue du désir : ne pas fuir face au danger,  quand on est au combat, en se représentant le bien qui résultera de la victoire.

Mais le problème n’est que repoussé. Comment savoir si ce n’est pas le pur désir de gloire, et non la volonté, qui nous fait résister face à l’adversité ?

 

2. Puissance du désir

 

S’il y a désir contre désir dans une alternative entre deux actions, il n’est plus nécessaire de supposer l’existence d’une force telle que la volonté. Le désir peut être considéré comme le nom générique donné à toute inclination humaine consciente, et visant un plaisir, un bien, de quelque nature qu’il soit : la gloire comme la victoire. Le désir devient alors l’essence même de l’homme et de tout ce qui le fait agir. Il exprime l’appétit général à vivre, « à persévérer dans son être », ainsi que le définit Spinoza Réciproquement, être en vie, c’est avant tout désirer vivre le mieux possible.

 

 

Le souhait, l’envie, etc., sont des modalités particulières du désir, selon l’intensité ressentie par l’individu, ou selon la nature de l’objet désiré. Le philosophe Hobbes va même jusqu’à appeler volonté le désir qui, en dernier lieu, déclenche l’action, à la suite d’une délibération ou hésitation. Entre désir et volonté, il n’y a donc de différence que sur l’effet produit, et non sur leur nature profonde ni sur leur origine. Pour Hobbes, même les animaux délibèrent et ont une volonté.

 

 

S’il n’existe rien d’autres que des désirs, comment éviter les désagréments ou les fautes morales qui en résultent ? La première solution, développée par Hobbes, est de soumettre le comportement des hommes à une autorité extérieure, pour réprimer les excès. Selon lui, en effet, le désir tend à accroître toujours les biens possédés. On cherche à posséder toute chose et à dominer autrui pour obtenir satisfaction. Il faut donc un pouvoir politique qui fixe des limites strictes. Le souverain exerce une forte domination. Mais ne peut-on pas se réguler soi-même pour éviter cela ?

Publié dans philosophie générale

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