La raison selon Descartes

Publié le par lenuki

« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu que ceux mêmes qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils n'en ont ». 
Cette déclaration inaugurale du Discours de la méthode est justement célèbre. Elle ouvre, à sa manière, les temps démocratiques. Le bon sens est universel, il est identique en tous les hommes, nous dit Descartes. Il n'y a donc pas de degrés dans l'humanité, puisque ce qui nous définit - la raison - est également distribué en chacun d'entre nous. Cela signifie-t-il que tous les hommes sont également sages, ou bien tous potentiellement savants.? Evidemment non. Car la possession d'un outil ne garantit pas son usage approprié et efficace, loin s'en faut: « ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien, poursuit Descartes. Le Discours de la méthode a précisément pour objet de nous montrer en quoi peut consister un « bon usage de la raison ». Mais pour bien entendre ce discours, et en tirer profit, il faut commencer par admettre que la reconnaissance de la vérité n'a rien d'aisé. En même temps, il n'est pas nécessaire de souhaiter posséder plus de raison. Il est impératif, en revanche, de faire de celle dont nous disposons le meilleur usage possible. « Ose te servir de ton propre entendement » dira Kant . Rendons hommage à Descartes d'avoir ouvert fermement la voie aux Lumières, et donc, indirectement; à l'Etat moderne qui tient tous les citoyens pour également capables de participer aux décisions collectives.

Publié dans philosophie auteurs

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article