Abstrait/concret (repères philosophiques)
Abstrait / Concret
D’après le dictionnaire Trésor de la langue française informatisé (TLFI)
L’abstrait est le résultat d’une opération d’isolement, par analyse, d’un ou plusieurs éléments du tout dont ils font partie, de manière à les considérer en eux-mêmes et
pour eux-mêmes. Le concret est au contraire ce qui se rapporte à la réalité considérée dans sa totalité.
Sens philosophique
La définition précédente montre bien que l’abstrait résulte d’un processus. En philosophie, l’abstraction a souvent le sens de généralisation, celles-ci permettant
d’extraire les propriétés communes à plusieurs êtres en supprimant leurs différences considérées alors comme inessentielles. Ainsi, on peut se former une idée d’arbre à partir des multiples
arbres perçus. L’abstraction permet également de former des idées générales, ne se rapportant plus aux êtres concrets mais à leur qualité : humanité, sagesse, etc. Le concret est au
contraire ce qui se donne « naturellement », via une sensation, une perception, etc. Ce dont nous avons l’expérience, c’est toujours de tel arbre singulier. La connaissance
(scientifique, philosophique) suppose que nous quittions ce plan de la différence entre les êtres, plan de la contingence, pour nous attacher à leurs ressemblances. Mais il faut se méfier des
« abstractions vides » qui font perdre de vue les choses et inventer des chimères.
Développement d’un exemple
L’opposition abstrait/concret est manifeste dans la formation des mots généraux, en nous inspirant de Locke. Reprenons l’exemple de l’arbre. La seule chose qui existe, ce sont les
arbres singuliers et pourtant il existe un mot général qui « représente » (to stand for) chacun de ces arbres. Ce mot est le signe d’une idée générale. Or celle-ci se forme en
soustrayant des idées particulières les circonstances spatiales, temporelles et plus généralement tout ce qui enferme la chose dans l’existence singulière. De l’arbre particulier, on négligera
par exemple qu’il pousse en tel lieu, qu’il a des feuilles caduques, qu’il perd actuellement celles-ci Ce n’est que grâce un tel processus d’abstraction que peut être formée l’idée d’arbre,
autrement dit que les arbres particuliers peuvent se conformer à cette idée.
Pour aller plus loin