Liberté et nécessité

Publié le par lenuki

La liberté est la conformité à la nécessité
 
 
« Puisque l’homme libre est celui à qui tout arrive comme il le désire, me dit un fou, je veux aussi que tout m’arrive comme il me plaît.
- Eh ! mon ami, la folie et la liberté ne se trouvent jamais ensemble. La liberté est une chose non seulement très belle, mais très raisonnable et il n’y a rien de plus absurde ni de plus déraisonnable que de former des désirs téméraires et de vouloir que des choses arrivent comme nous les avons pensées. Quand j’ai le nom de Dion à écrire, il faut que je l’écrive, non pas comme je veux, mais tel qu’il est, sans y changer une seule lettre. Il en est de même dans tous les arts et dans toutes les sciences. Et tu veux que sur la plus grande et la plus importante de toutes les choses, je veux dire la liberté, on voie régner le caprice et la fantaisie. Non, mon ami : la liberté à vouloir que les choses arrivent, non comme il te plaît, mais comme elles arrivent. »
 
Epictète, Entretiens, trad. J. Souilhé et A. Jagu, livre I, chapitre XII,
Les Belles Lettres, 23002.
 
La liberté n’est pas la licence
 
La liberté n’est pas la déraison
  • L’opinion commune identifie la liberté à la libre spontanéité. Or, d’emblée, Epictète disqualifie ne telle conception en l’attribuant à un « fou », c’est-à-dire à un être déraisonnable.
  • L’homme libre, en effet, n’est pas celui à qui tout advient selon sa volonté. Est-ce que je puis transgresser les lois physiques ? Si personne ne peut m’empêcher de faire ceci ou cela, puis-je encore vivre en communauté ? Vouloir au hasard qu’adviennent les choses qu’un hasard nous fait croire bonnes, voilà qui n’est ni une « belle » chose « très raisonnable ». Un tel vouloir apparente la liberté à une chimère.
 
La liberté obéit à des règles
  • Epictète définit la liberté comme « une chose non seulement très belle mais très raisonnable », et donne plusieurs exemples de conduites raisonnables.
  • D’abord, comment procédons-nous dans l’écriture des lettres ? Est-ce que je peux écrire à ma fantaisie le nom de Dion ? Non pas ; on m’apprend à vouloir l’écrire comme il doit l’être.
  • Les arts et les sciences obéissent à un ensemble de règles, de principes supérieurs et extérieurs à l’individu. Par analogie, la liberté aussi.
 
L’homme libre veut que les choses arrivent comme elles arrivent
 
La liberté est la conformité à la nécessité
  • Mais s’il est vrai que la liberté n’est pas une fantaisie, ne peut-on pas, parfois, faire en sorte que les choses arrivent comme nous le voulons ?
  • C’est oublier que, pour Epictète et le stoïcisme, une Providence sage a tout organisé selon des lois inexorables. Et lorsque Epictète affirme que « la liberté consiste à vouloir que les choses arrivent comme elles arrivent « , cela signifie que la liberté est la conformité à la nécessité ou qu’être libre, c’est être capable de comprendre et de vouloir l’ordre rationnel du cosmos.
La liberté de vouloir mène l’homme à la sagesse
  • S’il est donné à l’homme de « vouloir que les choses arrivent comme elles arrivent », il lui est surtout donné de faire que tout événement lui apparaisse comme il le veut.
  • N’est-ce pas la connaissance et la volonté libre qui orientent l’homme à l’intérieur de lui-même vers la sagesse, dans l’indifférence à ce qui se passe à l’extérieur ?
 
La véritable liberté n’est pas dans l’acceptation de ce qui est
 
La liberté comme domination de soi
  • Il est difficile d’admettre que tout ce qui arrive a un caractère nécessaire. Comme le montre Hegel, le stoïcien est, au fond, l’esclave qui se libère du maître en le niant et, avec lui, le monde extérieur.
  • Epictète n’est-il pas lui-même un ancien esclave, qui a trouvé dans la philosophie la libération véritable et le moyen de rivaliser avec les dieux ? En même temps ne dévoile-t-il pas au maître le secret de la liberté, qui consiste à se dominer soi-même, au lieu de dominer l’esclave ?
 
La liberté du stoïcien reste abstraite
  • Mais cette synthèse, souligne Hegel, reste abstraite : elle ne résout la contradiction qu’en idée. Faute de pouvoir changer l’ordre du monde, le stoïcien se réfugie dans « la pure universalité de la pensée ». Sa liberté n’est qu’une liberté négative contre le monde et les hommes.
  • C’est une liberté abstraite, car le stoïcien pense mais n’agit pas. Il s’oppose au monde, se retire dans la pensée, mais ne lutte pas contre ce monde, pour se faire reconnaître comme libre, en risquant sa vie. C’est un homme libre mais abstrait, car il n’est libre que par et dans sa pensée. Or la véritable liberté n’est-elle pas volonté de transformer ce qui est ?

Publié dans politique et morale

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C

Bonjour,

Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

La Page No-14: RÉQUIRIEM POUR LA LOTO !

DIEU ET LA LOTO ?

Cordialement

Clovis Simard


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