Conscience et sujet (définitions)

Publié le par lenuki

Conscience, faculté par laquelle l'esprit humain se perçoit, se connaît lui-même, connaît ses actes, et, en général, toutes ses modifications. On la nomme encore sens intime. En même temps que nous sentons, pensons ou voulons, nous avons conscience de nos sensations, de nos pensées et de nos volontés. Toutes les opérations de l'esprit viennent se redoubler, ou, si l'on veut, se réfléchir dans la conscience; d'où le nom de réflexion donné encore à cette faculté lorsqu'elle est dirigée par la volonté. Le matérialisme conteste, sinon la réalité des faits de conscience, du moins leur origine en tant que distincte de celle des phénomènes organiques, et veut qu'on n'accorde aucune confiance à ces informations qui ne nous viennent d'aucun de nos sens. Cependant rien n'est plus évident que ce double fait : 

1° Je pense, et la pensée ne tombe pas sous les sens; 

2° Je sais que je pense. 

Établir la réalité, l'autorité, la certitude des faits de conscience, analyser ces faits, les suivre dans tous leurs développements, dans leurs rapports entre eux, dans leurs conséquences, etc., c'est l'oeuvre de la philosophie tout entière.

Conscience se dit encore du sens moral, c.-à-d. de la liaison appliquée au discernement du bien et du mal. C'est ainsi qu'on dit que la conscience se révolte à la pensée d'une action criminelle. II faut bien distinguer ces deux significations. En effet, dans le premier cas, on est simplement spectateur de ses actes; dans le second, on les juge et les apprécie suivant leur valeur morale, et on étend ces jugements aux actions d'autrui. La conscience morale est ordinairement accompagnée d'un phénomène affectif, plaisir ou peine: ainsi, l'accomplissement et même la vue d'une bonne action nous cause une satisfaction véritable; et l'un ne commet pas de faute, au moins tant que le mal n'est point passé en habitude, sans éprouver un regret, un repentir ou un remords.

 

Sujet (du latin subjectum, placé dessous). - Le mot sujet, en philosophie, a trois sens principaux qui se rattachent, d'ailleurs, insensiblement les uns aux autres. D'abord, en logique, sujet se rapporte et s'oppose à attribut. Le sujet, c'est ce dont on affirme l'attribut, de même que l'attribut (ou prédicat) est ce qu'on affirme du sujet. En d'autres termes, dans tout jugement, dans toute pensée, il y a nécessairement deux idées; mais ces deux idées ne sont pas mises, pour ainsi dire, sur le même plan : elles ne sont pas seulement unies ; dans cette union, l'une est subordonnée à l'autre. L'idée principale, celle qui est d'abord posée en elle-même et pour elle-même, c'est le sujet, l'autre n'étant posée que comme une suite et dépendance de celle-là. 

En métaphysique, sujet est souvent synonyme de substance. Un sujet, en ce sens, c'est un être considéré dans son unité intégrale et permanente, comme constituant le lien, à la fois dans l'espace et dans le temps, de ses qualités multiples, de ses phénomènes successifs, Au fond, c'est la même notion que celle du sujet logique, mais transportée de l'ordre des idées abstraites dans celui des réalités concrètes. 

Enfin, dans la critique de la connaissance, sujet s'oppose à objet; et depuis Kant, ce nouveau sens tend à se substituer de plus en plus à tous les autres. Le sujet, désormais, c'est le sujet pensant, c.-à-d. la pensée elle-même, en tant qu'elle se distingue de toutes les choses quelconques qu'elle pose eu elle ou en face d'elle à titre d'objets; et ainsi compris, sujet deviendrait synonyme de l'âme et du moi, tels que les entendait Descartes, si Kant ne faisait expressément remarquer que l'on ne peut sans paralogisme identifier le sujet pensant, qui n'est lui-même à tout prendre qu'une pensée, avec la substance de l'ancienne ontologie, laquelle est supposée exister en soi indépendamment de toute pensée.

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