Désir et autrui (fiche bac)

Publié le par lenuki

                                                       
                                 Le désir

 

Définition élémentaire

   Le désir est une tendance du sujet vers un objet, réel ou imaginé, une force qui le pousse à l'action.

 

Etymologie

    Du latin desiderare, « regretter l'absence de quelqu'un ou de quelque chose »

 

Distinctions
  • - Le désir s'oppose à l'apathie, l'absence de tout affect
  • - Le désir est distinct du simple «besoin»: le besoin est un cycle naturel qui se répète à l'identique. Tandis que le désir se renouvelle et s'amplifie. Par exemple, manger est de l'ordre du besoin, mais on attise le désir de manger par la cuisine et la diversification des plats; de même la sexualité peut être considérée comme un simple besoin, mais l'érotisme consiste à la transformer en désir et à l'aiguiser pour l'entretenir et l'emporter plus loin; dans la passion amoureuse elle devient un désir qui s'emballe. Ainsi, il y a une mesure du besoin, tandis qu'il y une démesure du désir. Le besoin prend fin en étant satisfait; tandis que le désir risque d'être relancé lorsqu'il est satisfait.
  • - Désirer se distingue aussi de «vouloir»: vouloir renvoie plutôt à une décision prise rationnellement, tandis que le désir renvoie au corps, aux affects, aux sentiments, aux passions, à la sexualité, sans autre justification que soi-même.

 

Problèmes, paradoxes
  • - Le désir est-il bon ou mauvais? Faut-il condamner le désir, essayer de le surmonter, ou au contraire s'y abandonner, le cultiver?
  • - Où s'arrête le besoin, où commence le désir? Comment les distinguer?
  • - Quelles sont les limites entre la décision rationnelle et le désir? n'y a-t-il pas du désir dans ce qui se présente à la conscience comme un choix rationnel?
  • - Réciproquement, n'y a-t-il pas dans le désir une activité de calcul, plus rationnelle que la raison en quelque sorte?
  • - Peut-on satisfaire un désir? Le satisfaire, n'est-ce pas toujours le relancer le raviver? Quel est donc l'objet du désir? Il y a un paradoxe du désir, qui se désire lui-même, qui désire à la fois sa satisfaction et son propre prolongement.

 

 

 

 

                                 Autrui

 

 

Définition élémentaire

Autrui, c'est l'autre homme, le « prochain » : une conscience autre que ma conscience, un autre sujet, un « moi » autre que moi.

 

Etymologie

Du latin « alter », autre.

 

Distinctions
  • - Autrui s'oppose à «moi», «ego»: autrui c'est celui qui est en face de moi.
  • - Autrui est «face» à moi, comme l'objet, mais justement il est plus qu'un objet, puisqu'il est «comme» moi.
  • - Autrui n'est pas la même chose que «les autres», ou le «tiers» (une troisième personne): il est singulier , comme moi. C'est celui que j'aime ou que je hais, dans une relation duelle entre lui et moi, mais ce n'est pas «tous les autres», ceux qui forment la société.

 

Problèmes, paradoxes
  • - Ce qui fait le paradoxe d'autrui, c'est qu'il est la fois «comme moi» et «autre que moi»: il est à la fois un objet, face à moi, mais en même temps il n'est pas un simple objet, puisqu'il est un autre «moi».
  • - Mais comment puis-je connaître autrui? S'il est face à moi, comme un objet, comment puis-je savoir qu'il a une conscience et entrer dans sa conscience?
  • - A partir de là se posent des questions comme: l'amour est-il possible? et l'amitié? Est-ce que je sais vraiment qui j'aime? Puis-je vraiment «rencontrer» autrui?
  • - D'où la question: l'amour nécessite-t-il vraiment de savoir qui est l'autre? Peut-on penser un rapport à autrui qui serait indépendant d'un rapport de connaissance rationnelle?

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