Qui parle quand je dis "je" (éléments de réflexion)
Qui parle quand je dis « je » ?
Paradoxe : qui d'autre que moi pourrait parler par ma propre bouche lorsque je dis « je » ? N'est-ce pas moi qui parle quand je dis « je » ?
Mais on ne dit pas « moi dit je », mais je dis « je » . On opère donc une distinction entre moi et je.
Réponse logique : c'est « je » qui parle et non pas moi. A quoi correspond alors la distinction moi / je ?
De plus dire c'est moi n'est pas plus clair : je parle toujours en étant le produit d'une culture, d'une histoire, d'une éducation. En ce sens le moi ne fait-il pas problème ?
Parler c'est apprendre une certaine langue, c'est à dire une manière de penser.
Enfin je n'est-il pas un autre ( cf. lapsus :je ne maîtrise pas tout ce que je dis ) ?
Donc répondre « je » à la question c'est être renvoyé à toute la complexité de la question du sujet, puisque dire « je » c'est s'affirmer comme un sujet différent et distinct des autres.
La question pose donc le problème de l'identité ( qui est le je ? ) et de son unité ( n'y a-t-il qu'un je ? ). Quelque chose parle, mais est-ce bien je ?
Qu'est-ce qui parle en moi : la raison, les passions, le désir, l'opinion, autrui... ?
Pour être le sujet de son discours, ne faut-il pas bien penser ce que l'on dit, c'est à dire s'efforcer de maîtriser sa parole ? Et connaître les conditionnements qui pèsent sur soi pour pouvoir s'en libérer ( cf. la cure psychanalytique qui rend au sujet la maîtrise de sa parole ) ?