L'histoire

Publié le par lenuki



L'histoire

 

 

L'histoire comme réalisation de la liberté de l'esprit____________________

 

L'histoire commence avec la formation des Etats

  • Pour Hegel (La Raison dans l'histoire, 1822 et 1828), le temps qui s'est écoulé avant l'apparition de l'histoire écrite fut « sans histoire objective », parce qu'il n'a laissé « aucune histoire subjective », aucun récit historique. Autrement doit, il n'y a pas d'histoire à proprement parler sans récit historique.
  • Mais il ne peut non plus y avoir de récit historique sans des actes et des événements historiques. Or, un peuple « qui ne forme pas un Etat » n'a pour ainsi dire pas d'histoire. Les « souvenirs de famille », les « traditions patriarcales » des communautés primitives ne sont pas « objet de mémoire » et ne peuvent en conséquence être susceptibles d'une narration historique.
  • Seule une communauté « qui se consolide et s'élève à l'Etat » requiert « au lieu d'ordres subjectifs, suffisants pour les besoins d'un moment, des commandements, des lois, des déterminations générales et universellement valables », qui produisent à leur tour « une conscience capable de les saisir clairement » et de les conserver durablement.
  • L'Etat est donc l'universel qui produit l'histoire à la fois comme récit et comme ensemble d'événements.

 

La rationalité cachée de l'histoire
  • Pour Hegel, l'histoire est en apparence chaos. Elle offre le spectacle affligeant du déchaînement des passions, de la déraison.
  • Mais derrière cette déraison se dévoile une finalité rationnelle : l'histoire est la marche graduelle par laquelle l'Esprit à sa vérité et prend conscience de soi.
  • De ce fait, les acteurs de l'histoire ne sont pas des « personnes singulières, réduites à leurs individualités particulières », mais les différents peuples historiques avec leur esprit, leur constitution, leur art, leur religion, leur science, leurs coutumes.
  • De plus, ces peuples ne maîtrisent pas le sens de ce qu'ils font. Ils ne sont que « les moyens et les instruments d'une chose plus élevée, plus vaste qu'ils ignorent et accomplissent inconsciemment ».

 

Marx et la science du mouvement historique___________________________

 

La lutte des classes comme source de toute historicité
  • Marx rejette la philosophie de l'histoire de Hegel qui prône le salut de l'homme par la découverte du sens de l'histoire et non par la transformation du monde réel. Dans le Manifeste du parti communiste (1848), il affirme que « l'histoire de toute société jusqu'à nos jours est l'histoire de luttes de classes ».
  • La société, dit Marx, se divise en deux grandes classes qui s'affrontent directement : la bourgeoisie et le prolétariat. Cet antagonisme ne peut se résoudre que par la suppression du capitalisme et l'instauration de la société communiste.
  • Contrairement aux révolutions passées qui n'ont fait que substituer aux anciennes classes de nouvelles classes, de nouvelles conditions d'oppression, la révolution prolétarienne met fin à tous les antagonismes.

En s'accomplissant et en se dépassant elle-même, la lutte des classes, dit Marx, mène non pas à la fin de l'histoire, mais à la fin de la préhistoire. Il restera à l'humanité réconciliée avec elle-même à résoudre les problèmes posés aussi bien par la nature que par sa propre nature.

 

Ce sont les hommes qui font l'histoire
  • Si la révolution communiste répond à une certaine nécessité interne, elle n'est cependant pas inéluctable. Contrairement à Hegel, pour lequel l'histoire s'explique sans l'homme réel, Marx affirme que « l'histoire ne fait rien », que « ce sont les hommes réels qui font l'histoire ». Mais ils la font dans des conditions historiques et sociales très déterminées.
  • Ainsi, si les hommes prennent l'initiative de changer les rapports sociaux, ce n'est pas en vertu d'une volonté créatrice ou d'une liberté transcendante, mais parce qu'ils sont contraints à le faire, précisément par les contradictions de ces rapports sociaux.
  • En affirmant le primat de l'avenir et en montrant la possibilité, voire la nécessité, d'un dépassement du réel, la conception historique du marxisme s'oppose aussi bien au fatalisme qu'à un déterminisme mécaniste qui ne laisserait à l'homme que la passivité ou la soumission.

 

A lire :

G.-W. Friedrich Hegel, La Raison dans l'histoire, 1822 et 1828.

Karl Marx, Manifeste du parti communiste, 1848.

 

 

Publié dans la culture

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