Art et technique

Publié le par lenuki

                          

Art et technique
                                           

 

Le sens ancien du mot

Art et technique : une étymologie commune

  • Avant l’apparition et le développement de la civilisation industrielle, le terme art désigne la forme de la production artisanale.
  • Ainsi Platon oppose la théôria, connaissance purement contemplative, à la teknê, savoir-faire lié à la production matérielle.

 

Production et création

  • La technique ou art concerne donc la production et se définit comme création : « Ce qui, pour quoi que ce soit, est cause de son passage de la non-existence à l’existence, est, dans tous les cas, une création ; en sorte que toutes les opérations qui sont du domaine des arts sont des créations » (Le Banquet).
  • C’est pourquoi, pour Platon, les artisans sont des poètes. Poésie signifie étymologiquement en grec « faire » et faire consiste essentiellement à faire être ce qui n’était pas, c’est-à-dire créer.

 

Platon est insensible à la beauté des œuvres d’art_______________________

 

L’art s’oppose à la science
  • Si la technique (ou l’art) est création, elle porte donc sur le contingent, c’est-à-dire sur ce qui peut aussi bien être que n’être pas.
  • C’est en cela que la technique (ou l’art) s’oppose à la science. Cette dernière porte en effet sur des essences idéales, éternelles, immuables.

 

L’art, comme la technique, n’a qu’une fonction sociale
  • On comprend dès lors que, si Platon reconnaît la fonction sociale de la technique, il ne lui accorde aucune valeur humaine.
  • Il est d’ailleurs insensible à la beauté de l’Acropole et semble ne voir la beauté que dans la nature, la morale et les sciences.

 

 

Les beaux-arts s’opposent à la technique et à l’artisanat_________________

 

L’apparition de l’esthétique
  • C’est à partir du XVIIIe siècle que l’art se distingue aussi bien  de l’artisanat que de la technique et acquiert ainsi un statut spécifique. D’où l’apparition de l’esthétique comme théorie des beaux-arts.
  • Et, dans la Critique de la faculté de juger (1791), Kant, même s’il ne prétend pas faire une théorie des objets beaux (car selon lui le beau n’est pas une qualité des objets : il n’y a pas de règles du beau et donc de science du beau), affirme qu’il n’existe pas de belles sciences, mais seulement des beaux-arts. Il accorde même, d’une certaine manière, une supériorité à l’art sur les sciences et la technique, puisqu’il considère qu’il n’y a de génie que dans les beaux-arts.

 

L’art se distingue de la technique
  • Application rigoureuse de la science, la technique repose sur une méthode scientifique précise dont toutes les démarches peuvent être enseignées, répétées. Il suffit généralement de savoir ce qu’il faut faire pour réussir.
  • Quant à l’artisanat, s’il exige une certaine habileté voire un tour de main qui ne se réduit pas qu’à des recettes d’une application mécanique, il ne requiert, cependant, aucune faculté d’invention ni génie particulier.
  • Seul, l’art, qui repose sur la fantaisie créatrice de l’artiste, requiert autre chose que « l’aptitude à savoir-faire ce qui peut être appris d’après une règle quelconque ».Les beaux-arts doivent donc nécessairement « être considérés comme des arts du génie » (Kant, op. cit.).

 

Les beaux-arts sont les arts du génie_________________________________

 

L’art s’oppose à l’imitation
  • Dire que « les beaux-arts sont les arts du génie », signifie donc que l’art exige un talent complètement opposé à l’esprit d’imitation et qui ne peut être ramené à un savoir transmissible par l’enseignement. La façon dont l’artiste réalise son produit ne peut être exposée scientifiquement ni même décrite.
  • En cela, l’art se différencie radicalement de la technique, mais aussi de la science dont les démarches s’enseignent, se communiquent.

 

L’art est une nécessité pour l’artiste
  • Le génie ne se pliant à aucune règle préexistante semble créer avec la même heureuse spontanéité que la nature. Mais c’est au prix du travail et de la souffrance. Dans les lettres de Van Gogh, le mot travail revient sans cesse, jusque dans la dernière, celle qu’il portait sur lui le jour de juillet 1890 où il s’est suicidé : « Eh bien, mon travail à moi, j’y risque ma vie et ma raison y a sombré à moitié. »
  • Tout véritable artiste est poussé par une nécessité interne devant laquelle il est vain de se presser. Comme l’écrit si justement Rilke dans ses Lettres à un jeune poète (1929) : « Etre artiste, c’est ne pas compter, c’est croître comme l’arbre qui ne presse pas sa sève… »

Publié dans la culture

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