Culture et humanité

Publié le par lenuki

 

 La diversité culturelle est-elle un obstacle à l’unité de l’humanité ?

 

 Analyse du sujet :

 « diversité des cultures »

Le mot culture est pris ici pour synonyme de ce que l’on aurait nommé autrefois les « civilisations ». La culture, c’est ici l’ensemble des particularités d’un groupe social : une langue, des traditions, des mœurs, des coutumes, des manière de vivre, du folklore, en bref  le patrimoine qui constitue la richesse d’un peuple, dans son évolution historique . D’où vient alors que les cultures soient diverses alors que les besoins fondamentaux de l’homme sont universels ? C’est que chaque groupe social répond de manière différente à ses besoins, en fonction des conditions géographiques et historiques dans lesquelles il le fait. D’où une diversité culturelle. Mais il est à noter que si les cultures sont différentes, chaque groupe social se caractérise par sa propre culture, ce qui fait de l’homme un animal universellement culturel…

« obstacle »

Ce qui fait obstacle, c’est « ce qui empêche de », soit physiquement, soit symboliquement. Un obstacle à la compréhension de deux cultures différentes serait de l’ordre de contradictions entre des manières de voir ou de se comporter radicalement opposées et qui semblent inconciliables. Si chacun veut protéger et conserver sa différence et que celle-ci implique le refus d’une opinion autre, cela créé un obstacle à une entente. D’où la solution que peuvent comporter des échanges répétés pour se familiariser l’un à l’autre, voire un dialogue véritable.

« unité »

 Dans vos devoirs, vous avez souvent confondu unité et unicité, voire uniformité. Ce qui existe en un seul exemplaire est unique (œuvre d’art, par exemple ). Ce qui est un, en revanche, forme un tout, une unité, avec des éléments qui peuvent être disparates (cf. un orchestre, par exemple, d’autant plus riche qu’il est composé d’instruments différents ). Pour faire une symphonie, il faut beaucoup d’instruments. Le malheur, c’est que les hommes confondent les deux. Ils croient que pour réaliser une unité, il faut supprimer toutes les diversités pour les ramener à une seule, c’est-à-dire créer de l’uniformité (cf. ce qu’on nomme aujourd’hui globalisation ou mondialisation).

« humanité »

L’humanité a une dimension biologique, morale et métaphysique. Elle est à la fois un fait, un idéal et une idée.

+ comme fait : c’est l’ensemble des hommes. En ce sens, l’humanité se définit par opposition aux animaux.

+ comme valeur : c’est la vertu de bienveillance, faite d’amour et de pitié. En ce sens elle s’oppose à l’inhumanité.

+ comme idée : ensemble de qualités composant une nature, sinon éternelle, du moins suffisamment stable pour que l’on puisse y inclure les représentations, les actions et les œuvres de l’espèce sapiens.

 

Problématisation

Que faut-il entendre par obstacle à l’« unité de l’humanité » ? Et comment réaliser cette unité si elle n’est pas constituée ?

Faut-il dire que les hommes sont tellement différents entre eux que l’on ne peut guère parler de l’ « homme », sinon de manière abstraite? En effet, l’anthropologie nous montre que l’homme se conjugue au pluriel. L’humanité nous dit-on, cela n’existe pas, ce qui existe, ce sont des hommes, des cultures. Ce qui voudrait dire au fond que ce qui sépare les hommes les uns des autres est beaucoup plus important que ce qui pourrait les réunir. D’où la difficulté de fonder la tolérance autrement que sur le respect de la diversité, d’un point de vue moral. Mais l’autre me reste étranger et nous ne pouvons former qu’une unité artificielle.

 Si par contre nous pouvons montrer que l’autre homme est un être humain comme moi, que nous sommes d’une certain point de vue semblables, alors la tolérance pourra se fonder sur le respect de l’unité de l’humanité. L’autre homme me semblera alors infiniment proche et je ferai tout pour que nous puissions vivre en paix. N’est-ce pas sur cette idée de l’humanité que se fondent les différentes Déclarations des droits de l’homme, définissant précisément ce qui constitue la dignité humaine, dont nous sommes tous porteurs. Ici, le modèle de l’homme, c’est l’essence de l’homme, ce que l’homme est, non pas ce qu’il paraît être selon la couleur de sa peau ou ses manières de se comporter , donc ce que tous les hommes possèdent en commun de par leur nature propre. Le fond du problème est donc le suivant : chaque groupe humain cherchant à revendiquer sa différence, au nom de son histoire particulière, et afin de promouvoir son identité, nous ne percevons plus ce que nous pouvons bien posséder en commun. Cette perte de l’essence de l’homme nous conduit à nous demander si la diversité ne va pas fatalement virer à l’éclatement et au conflit. Il semble que certains peuples soient tellement à la recherche de leur identité qu’ils ne la trouvent qu’en se posant contre d’autres cultures. N’est-il pas infiniment plus important de reconnaître son identité avec tous les hommes que de se sentir lorrain, calabrais, corse ou tunisien ? N’est-il pas plus essentiel de sentir que l’on fait partie de la famille humaine que de revendiquer seulement son appartenance à telle ou telle culture en luttant contre toutes les autres ? Mais cela n’est-il pas aussi une réaction contre l’uniformisation telle que semble nous l’imposer la mondialisation ? L’unité de l’humanité fait donc problème autant en droit qu’en fait. En droit il faudrait poser que l’humanité est une  et que partout les hommes devraient jouir des droits qu’ils méritent en tant qu’hommes, des droits de l’homme. En fait, derrière la diversité des manières de vivre et de penser des cultures, il y a tout de même l’homme, un être doué de pensée, de sentiments, un être capable des plus beaux chefs d’œuvre. Il y a des valeurs universelles qui constituent la dignité de l’homme et il faudrait que tous nous en prenions conscience. L’unité, en ce sens, est toujours à construire et jamais achevée….

 

Publié dans la culture

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P
permettez-moi<br /> de vous offrir<br /> une de mes chansons<br /> qui parle de la vie<br /> d'un artiste-peintre<br /> et du rapport entre<br /> sa vie privé et son art<br /> <br /> EN MARCHE VERS UNE VIE PRIVEE OEUVRE D'ART<br /> <br /> Ce qui est beau dans la vie privée oeuvre d'art,<br /> c'est d'en être le peintre,<br /> dans un atelier où on doit à la fois<br /> peindre l'infinie joie d'une humanité<br /> qui s'élève peu à peu en soi<br /> et et donner une poignée de main à celui ou celle<br /> qui reprend sa vie d'artiste du quotidien en main.<br /> <br /> 16 ANS D'AVENTURE<br /> <br /> une ière neige sur le lac<br /> un pic bois qui passe en ami<br /> un chien qui marche sur la galerie<br /> deux hommes qui parlent de la vie<br /> <br /> une peinture sur le mur<br /> l’homme se lève<br /> me rappelle l’essentiel<br /> <br /> sa peinture date de 16 ans<br /> l’homme avait déja 38 ans<br /> était amoureux fou d’une femme<br /> qui tenait dépanneur, corps et âme<br /> <br /> pendant que lui<br /> d’un autobus<br /> était chauffeur de vie<br /> <br /> travaillait pour<br /> Chevrette transport La Tuque<br /> avait hâte a la fin de semaine<br /> tiens ben ta tuque<br /> <br /> rêvait du cap de la madeleine<br /> mais le dépanneur ferme si tard<br /> toute la semaine<br /> <br /> en attendant<br /> monte chez son frêre en haut<br /> avec toiles et pinceaux<br /> <br /> REFRAIN<br /> <br /> sur sa toile<br /> des arbres, des billots et de l’eau<br /> qui dansent l’amour<br /> comme la chute entraêne tout su l’tableau<br /> <br /> quand on contrôle pu rien<br /> c’est qu’y a des matins<br /> où l’amour doux<br /> c’est trop fou<br /> <br /> quand on contrôle pu rien<br /> c’est qu’y a des matins<br /> où l’amour doux<br /> c’est trop fou<br /> <br /> COUPLET 2<br /> <br /> y a pu de neige sur le lac<br /> ou est le pic bois mon ami<br /> le chien est en bas d’la galerie<br /> l’homme est dehors avec un sac de voyage<br /> <br /> sa vieille peinture<br /> reste sur le mur<br /> avec toute sa magie<br /> <br /> un grand amour<br /> c’est tellement fort<br /> que leur ière fille s’appelle Pascale<br /> une ado de 15 ans qui mord<br /> la vie comme à son ier bal<br /> <br /> pendant qu’sa soeur<br /> Justine 9 ans<br /> sourit aux étoiles<br /> <br /> la femme se meurt d’un cancer<br /> l’homme a finit par jeter sa dernière bière<br /> il doit monter à Trois-Rivières<br /> il sera bientôt père et mère<br /> <br /> sa vieille peinture<br /> su l’mur le rassure<br /> sur 16 ans d’aventures<br /> <br /> pierrot<br /> vagabond céleste<br /> <br /> www.enracontantpierrot.blogspot.com<br /> www.reveursequitables.com<br /> <br /> sur google,<br /> Simon Gauthier, video vagabond celeste
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L
<br /> <br /> Comment pourrai-je vous remercier pour la lecture que vous faites de certains de mes articles et, surtout, pour ces beaux poèmes ou ces chansons que vous m'offrez ?<br /> <br /> <br /> Du fond du coeur, toute ma gratitude...!<br /> <br /> <br /> <br />
P
quel bel article de fond<br /> sur la multiplicité culturelle<br /> et l'unité:)))<br /> <br /> <br /> Cent milliards<br /> <br /> <br /> le 3 septembre 2012 18H00 | par<br /> Jacques Attali<br /> <br /> <br /> <br /> J’aime ces questions naïves et redoutables, que tous les enfants du monde s’entêtent à poser à leurs parents et dont la réponse est presque impossible à exprimer en termes simples, non<br /> scientifiques. Ainsi de : « Pourquoi le ciel est-il bleu ? » Ou encore : « Si Dieu peut tout, peut-il décider qu’il n’existe pas ? »<br /> <br /> Parmi celles-ci, l’une, venue à l’esprit de bien des enfants et à laquelle peu de parents ont su fournir une réponse exacte, même approximativement : « Combien d’êtres humains ont vécu sur la<br /> Terre, depuis le premier ? »<br /> <br /> Question doublement redoutable. Parce qu’il faut d’abord définir qui est « le premier homme » (l’humanité commence quand ? Avec Adam et Eve ? Avec le Rudolphensis? Avec le sapiens sapiens ? Avec le<br /> Neandertal ?). Parce qu’il faut ensuite faire le total des centaines ou des milliers de générations qui se sont succédées sur la planète. En langage mathématique, on appellerait cela la sommation<br /> d’une suite, si longue et si complexe, (il faudrait, pour être exact, tenir compte avec précision de chaque vie) qu’elle se rapproche plutôt de la résolution d’une intégrale.<br /> <br /> Le consensus des scientifiques aujourd’hui est que ce nombre tourne autour de 100 milliards. Et que, compte tenu de la lenteur du démarrage de la croissance démographique de l’espèce humaine, le<br /> point de départ compte assez peu.<br /> <br /> 100 milliards d’êtres humains ont donc vécu jusqu’aujourd’hui. Que leur vie ait été brève ou longue, qu’ils aient été esclaves ou puissants, routiniers ou créatifs, pacifiques ou violents, ils ont<br /> tous, d’une façon ou d’une autre, façonné le monde où nous sommes : les scientifiques s’accordent à dire que, en raison des rapports de pouvoir et des progrès techniques, moins de 15% du potentiel<br /> de l’humanité a pu être jusq’aujourd’hui valorisé.<br /> <br /> D’une certaine façon, le monde actuel n’est que le résultat de ces cent milliards de vies. Auquel il faudrait ajouter le rôle d’un nombre infiniment plus vertigineux de tous les êtres vivants,<br /> végétaux et animaux, qui s’y sont succédé aussi.<br /> <br /> Coïncidence ? Cent milliards, c’est aussi le nombre de neurones de chacun de nos cerveaux. C’est par eux, que mystérieusement, s’organise la mémoire, l’apprentissage, la lecture, l’écriture,<br /> l’intuition, la création. Autre coïncidence : 15% c’est aussi le nombre de nos neurones qui sont actifs.<br /> <br /> Une façon de se souvenir que chaque être humain est une humanité à lui tout seul, qu’il en contient les forces et les faiblesses ; toutes les grandeurs, et toutes les monstruosités. Qu’il doit donc<br /> être traité aussi sérieusement, aussi précieusement.<br /> <br /> On pourrait être plus vertigineux encore : chaque neurone peut avoir 10000 connexions avec d’autres neurones. Soit un million de milliards de connexions pour chaque être humain, qui peut lui-même<br /> avoir des connexions avec quelques 1000 êtres humains aujourd’hui et plus encore demain. Soit au total dix puissances 18 (1 suivi de dix-huit zéros) relations entre êtres humains depuis la<br /> naissance de l’humanité ; et ce nombre va croître de plus en plus vite, avec la croissance démographique, l’amélioration de l’éducation et les réseaux de communication.<br /> <br /> Il arrivera même un jour, bientôt, où le nombre de relations entre les êtres vivant au même moment sur la Terre sera supérieur au nombre de relations totales qu’auront eu entre eux tous les êtres<br /> humains de toutes les générations précédentes.<br /> <br /> Qu’en feront-ils? Qu’en ferons-nous?<br /> <br /> L’humanité commence. N’en gaspillons rien.
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