Le bonheur est-il provisoire?

Publié le par lenuki

portebonheur                     

 Cf. dans la vie : des hauts et des bas, donc des moments de joie ou de bonheur et des moments de peine. Or un moment est, par définition, provisoire. Le bonheur est donc relatif aux événements de la vie. Or ce qui différencie bonheur et plaisir, ne serait-ce pas que le plaisir est éphémère tandis que le bonheur se définit comme état durable ? Mais n’est-ce pas lorsque le bonheur disparaît que nous en sentons toute la valeur ?

Dans la recherche du bonheur, le fondons-nous sur des biens éternels (susceptibles de lui permettre de durer) ou au contraire sur des biens périssables (qui le rendent nécessairement provisoire) ? Ne faudrait-il pas goûter chaque instant comme si c’était le dernier, avec intensité (cf. « carpe diem ») ?

En résumé : sur quoi faut-il fonder son bonheur ? Faut-il être en quête d’éternité (à l’instar de Platon, en quête des Idées éternelles) ou faut-il, au contraire, partir de la temporalité de toute existence humaine, pour être en quête de tout ce que la vie, dans son devenir propre,  peut offrir comme « création sans cesse renouvelée » selon la définition qu’en propose Bergson ?

A méditer : comment le bonheur durerait-il, alors que toute vie s’arrête ? Notre bonheur n’est-il pas toujours inscrit dans le temps ? Ne tient-il pas, alors, à notre capacité (ou non) de vivre le temps, c’est-à-dire de vivre pleinement le présent, comme nous y invitent certaines sagesses antiques ? Cf. Pascal : « Nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais ». A trop chercher le bonheur, nous risquons de le manquer… !

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A) Raisons du caractère provisoire du bonheur :

+ tenant à la nature des choses : aléas et fragilité de l’existence humaine

+ tenant à la psychologie humaine : cf. réflexion de Pascal ci-dessus

 

B) L’attitude du sage (pour un bonheur durable)

+ détachement : intérêt limité accordé aux choses temporaires et périssables

+ se tourner (cf. allégorie de la caverne, de Platon) vers des valeurs éternelles (Vérité, Justice ou Beauté)

 

C) Idéal inaccessible ?

Les bienfaits du provisoire, c’est-à-dire de l’instant présent, que nous ne vivons pas vraiment, parce que soit nous regrettons le passé, soit nous anticipons l’avenir. Or le présent n’est-il pas le seul moment du temps qui ait quelque réalité ?

N’y aurait-il pas, alors, une forme de sagesse dans le fait de se rendre disponible à tout ce que la vie peut nous offrir, et qui peut nous rendre heureux ? Cela ne suppose-t-il pas, d’ailleurs, certaines qualités du sage comme le détachement et la réceptivité aux beau, au vrai ou au juste ?

Au fond, pour être heureux, ne faut-il renoncer à toute idée préconçue à propos du bonheur ?

 

Publié dans politique et morale

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