Peut-on concevoir une morale sans interdits?

Publié le par lenuki

interdit-d-interdire

 

Esquisse de problématisation:

 

Qui dit jugement moral dit distinction des actions selon l’obligatoire, le permis et l’interdit. En ce sens, une morale ne comporterait-elle pas, par définition, des interdits ? De plus, l’interdit n’est-il pas symétrique de l’obligation (ce qu’il est obligatoire de faire, il est interdit de ne pas le faire) ? Une morale sans interdits ne serait-elle pas, alors, une morale sans obligations ? Au fond, peut-on concevoir une morale sans interdits ? Pour autant, tout interdit n’est pas nécessairement d’ordre moral. La loi interdit certains comportements, ce qui ne signifie pas qu’ils soient, en eux-mêmes, moralement répréhensibles. Tout interdit n’a donc pas une valeur morale. De plus, l’interdit en tant que tel n’est-il pas lié à l’enfance, c’est-à-dire à un âge où on ne peut pas juger par soi-même et grâce à sa propre raison, de la valeur morale de nos actes ? En ce sens, devenir adulte, ne serait-ce pas se situer « par-delà bien et mal », c’est-à-dire dépasser l’interdit ? Mais un tel pouvoir n’est-il pas réservé qu’à une certaine élite, une minorité d’êtres exceptionnels ? Peut-on alors vivre sans rien s’interdire ?  Justement, n’y a-t-il pas une grande nuance entre une morale qui impose des interdits de l’extérieur et l’être raisonnable capable de s’interdire certains actes ou comportements parce qu’il les juge moralement répréhensibles ? N’y a-t-il pas qu’une telle autonomie qui pourrait justifier certains interdits d’ordre moral ?

 

morale revisitée

Publié dans politique et morale

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