Pourquoi faire son devoir?

Publié le par lenuki

anneau de Gygès

 

Esquisse de problématisation:

 

Un « homme de devoir » n’est-il pas une personne sur laquelle on peut toujours compter ? Or, justement, n’accomplit-il pas son devoir parce que c’est son devoir, sans avoir besoin d’une autre motivation ? En ce sens, demander : « Pourquoi faire son devoir ? » n’est-ce pas, déjà, ne plus le considérer comme un devoir ? Ainsi, ce qu’on loue à travers » l’homme de devoir », c’est son désintéressement (cf. Kant : distinction entre l’action conforme au devoir et l’action faite par devoir). Mais est-il possible, comme le prône la morale kantienne, de renoncer à toute satisfaction personnelle ? Même l’acte le plus désintéressé n’apporte-t-il pas à celui qui l’accomplit une forme de bonheur qui suffit à le justifier ? Dès lors, quand aucune motivation ne semble capable d’expliquer une conduite, ne serait-ce pas parce qu’elle est cachée ? N’y a-t-il pas, comme le pense Nietzsche par exemple, sous le pur respect pour la loi morale, des mobiles inconscients qui relèvent de la volonté de puissance ? Enfin le devoir d’obéissance ne peut-il pas servir d’excuse à toutes les lâchetés (« j’avais des ordres », « je n’ai fait que mon devoir ») ? D’où la pertinence de la question qui invite à réfléchir au sens du devoir moral et à tout ce qu’il peut cacher comme motivations inconscientes. Au fond, ne faut-il pas faire son devoir en sachant pour quoi on le fait (en vue de quoi), c’est-à-dire ce qu’on recherche en le faisant ?

 

Kant

Publié dans politique et morale

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