Ethnocentrisme
Voici une approche non exhaustive du concept d'ethnocentrisme, indépendamment du texte de Claude Lévi-Strauss :
Ethnocentrisme
Tendance à juger des autres cultures- mœurs, institutions, valeurs étrangères- en fonction de la sienne propre érigée en modèle de référence. Ce néologisme est dû à W.G. Summer qui
le définit ainsi en 1906 : « façon de voir qui fait du groupe propre le centre de tout et dans laquelle tous les autres groupes sont pesés et évalués par référence à ce
centre ».
Le terme désigne d’abord la tendance qu’ont les peuples archaïques à faire de leur société le « nombril de la terre », ce qui fait que cette tendance
apparaît comme étant universelle, puisqu’elle semble naître avec la culture elle-même. A partir de 1940, le terme s’étend à l’observateur de ces peuples sans écriture, c’est-à-dire l’anthropologue
occidental, qui risque de les regarder à travers le prisme déformant de sa culture dominante. Certes, le projet ethnologique constitue une contestation de l’ethnocentrisme puisque ce dernier, comme
préjugé, est incompatible avec l’objectivité scientifique. Aussi l’ethnologie peut-elle apparaître comme une « école de relativisme culturel » puisqu’elle donne à connaître la diversité
des cultures. Mais du constat de cette diversité on passe insensiblement au postulat du relativisme culturel qui pose la validité de tous les systèmes culturels. On aboutit alors à ce paradoxe
qu’un tel relativisme hisse l’ethnologue qui le pratique, et la culture qui l’engendre, au-dessus des cultures traditionnelles notoirement ethnocentriques : il est ethnocentrique dans son
ambition même de ne pas l’être… !