Art et Beauté
En guise d'introduction au cours sur l'art, ces quelques lignes permettant de définir certains concepts élémentaires et les problèmes dans lesquels ils sont
engagés:
Art et beauté
“Un coucher de soleil évoque chez un rustre l’idée fort peu esthétique du souper, chez un physicien la pensée d’une analyse spectrale qui n’est ni belle ni laide, mais seulement exacte ou inexacte : il n’est beau que pour qui le regarde avec des yeux d’artiste, dans l’attitude intérieure de la contemplation”. Charles Lalo : “Les notions d’esthétique”, ch.1.
Art et beauté
“Un coucher de soleil évoque chez un rustre l’idée fort peu esthétique du souper, chez un physicien la pensée d’une analyse spectrale qui n’est ni belle ni laide, mais seulement exacte ou inexacte : il n’est beau que pour qui le regarde avec des yeux d’artiste, dans l’attitude intérieure de la contemplation”. Charles Lalo : “Les notions d’esthétique”, ch.1.
Le but de cette intervention est de définir simplement les mots : Art, Esthétique, Beau et Oeuvre d’Art, pour que chacun puisse par la suite se faire sa propre idée.
On peut commencer par expliquer le “rôle” joué par la triple libido, ou la libido divisée en trois, considérée comme une Volupté et dont nous trouvons les premières traces non chez Freud mais
dans la première épître de Jean (2,16) :
Libido sentiendi ou pulsion de sentir.
Libido sciendi ou pulsion de savoir
Libido dominandi ou pulsion de pouvoir.
Cette libido découpée en trois morceaux peut permettre de saisir l’origine de l’art, et aussi la raison d’être de cette curiosité jamais satisfaite qui nous caractérise tous.
Sentir, Savoir et Dominer sont peut-être des invitations aux modes de connaissance :
- La Morale, comme lieu du Bien
- La Science comme lieu du Vrai.
- L’Esthétique comme lieu du Beau.
Après cette courte introduction, nous en arrivons aux définitions simples des termes :
a) ART : c’est une manière de “faire des choses selon des règles”, c’est une mise en forme de l’idée que nous nous faisons tous du beau.
Cette simple définition induit une longue analyse des « règles de l’art » : sont-elles un « passage obligé » pour qui veut réaliser une oeuvre ou pour qui veut la
comprendre ?
Il faut réfléchir aux questions suivantes :
- puis-je créer sans les règles ?
- puis-je comprendre, saisir l’oeuvre d’un autre sans la connaissance de ces règles ?
- qui dicte ces règles, qui nous les attribue et pourquoi ?
- quels avantages, si les règles existent, à les connaître ou à les méconnaître ?
- la liberté de l’artiste est-elle une libération, un rejet, etc…
b) ESTHETIQUE : c’est la science -scire=savoir - qui traite du Beau sous toutes ses formes et de façon générale. Cette science est-elle créatrice de sens ?
c) BEAU : c’est une valeur-étalon. L’idée du Beau pose problème aux philosophes :
- Que veulent dire les poètes, les peintres , les musiciens quand ils prétendent avoir accès au beau ?
- Mentent-ils ?
- Sont-ils devenus fous ou y-a-t-il quelque chose à voir ?
d) OEUVRE D’ART : qu’il faut séparer de Ouvrage d’art qui est une réussite technique obligatoirement.
Pour définir une Oeuvre d’art, peut-être faut-il la voir comme lieu de la matérialité, lieu de la sensibilité, lieu de la structure, lieu du sens.
Et nous revenons, dit Lemarié, à l’idée récurrente des règles de l’art, des règles dans l’art, avec en parallèle ces interrogations infinies:
- saisir le sens d’une oeuvre, est-ce opérer un tri entre ces multiples sens : pratique, culturel, implicite, explicite.
- saisir la structure d’une oeuvre, est-ce savoir la décrypter , la décomposer ?
- saisir la sensibilité d’une oeuvre, qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Est-ce réfléchir, discourir sans fin sur et autour d’elle, ou bien se laisser glisser vers l’intuition ?
- saisir la matérialité d’une oeuvre, est-ce connaître les exigences chimiques de la matière ?
En conclusion , cette ultime référence:” Le jugement humain est errant et comme égaré s’il n’est formé par les oeuvres. Un esprit tout neuf et sans aucune piété passera à côté des oeuvres sans
les interroger.” ALAIN