Le jugement de goût Kant

Publié le par lenuki69

Les critères de beau et le jugement esthétique :
En matière de beauté et de goût, on répète volontiers que des goûts et des couleurs ça ne se discute pas. Le jugement de goût est une affaire personnelle et subjective, « tous les goûts sont dans la nature ». Conséquence : la beauté n'existe pas. Toutefois on reconnaît par ailleurs que l'on peut manquer de goût et que le goût s'éduque. Cela présuppose une norme du goût.
L'histoire de l'art est traversée par la présence de canons de beauté. Certes, ces canons ont évolué mais il y a toujours eu un référentiel suivant lequel on a jugé de la beauté.
Exemples de critères : Dans l'antiquité, c'était la vraisemblance. Xeuxis était un grand peintre de l'antiquité parce que la nature elle même s'y trompait et confondait copie et modèle. Autre exemple : La symétrie, la proportion. Léonard De Vinci écrira que le peintre est une chose mentale parce qu'elle doit satisfaire des proportions mathématiques. L'intellectualisation des critères esthétiques poursuit une beauté objective : « il appartient à l'esprit, c'est à dire à l'entendement de juger de la beauté parce que juger de la beauté c'est juger de l'ordre, de la proportion et de la justesse ». Cette remarque s'oppose à notre compréhension de la beauté qui pour nous relève de la sensibilité et non de la raison.
Fondamentalement, si la beauté est la belle forme qui régale la vue elle n'a aucun rapport avec un jugement rationnel.
La réflexion philosophique sur l'art commence au XVIIIème siècle et elle prend le nom d'esthétique. Elle est liée à l'idée que la beauté est avant tout une affaire de la sensibilité. Si la beauté est sensible, peut on établir en matière de goût ou de beauté un jugement à valeur universelle autrement dit une vérité ?
Kant au XVIIIème siècle propose une réponse originale. Homère écrit qu'Hélène de Troie était vraiment belle parce que c'était les vieillards qui l'avaient dit. Pourquoi leur jugement qui est subjectif est pourtant caution à objectivité ?
  • L'expérience, élément de comparaison. Par conséquent on peut penser que juger de la qualité d'une oeuvre d'art suppose une culture et même les notions d'histoire de l'art.
  • Le désintéressement.
Pour Kant, le critère de beauté correspond au plaisir que l'on éprouve quand on regarde quelque chose et l'originalité de ce plaisir c'est d'être un plaisir qui ne correspond pas à la satisfaction d'un désir. Cette caractéristique lui donne son universalité. « Quiconque se mettrait à ma place éprouverait le même plaisir. » Toutefois, il est difficile de porter sur les choses un regard absolument désintéressé. La marginalité de l'artiste est symptomatique de son désintéressement. Kant écrit « le goût est la faculté de juger d'un objet ou d'une représentation par une satisfaction dégagée de tout intérêt. L'objet d'une semblable satisfaction s'appelle le beau ».
Pour Kant, juger de la beauté ne suppose pas nécessairement une culture ou des critères de référence. Le beau est ce qui plait universellement sans concept.

A partir du XXème siècle, l'artistique ne se réduit pas à l'esthétique.
Toutes les oeuvres ne sont pas belles (esthétique du laid).

Publié dans la culture

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