La religion (fiche)
Concepts et problèmes
La religion est un thème qui peut être abordé de différentes manières :
- religion et société/ politique : le lien avec la première : elle rythme son temps, organise son espace mais surtout permet un lien social , un monde commun, une
unification autour d’une image symbolique de la société ; le lien avec la seconde tend souvent à avoir une définition péjorative de la religion (asservissement du peuple, etc.)
- foi et raison (problème des preuves de l’existence de Dieu)
- religion et aliénation de l’homme/ nature humaine (Nietzsche, Marx, Freud : les théories du soupçon)
- religion et croyance : il faut savoir distinguer les degrés de croyance (et ne pas assimiler « croyance » et « religion ») : cf. distinction foi et croyance, mais
encore, croyance, crédulité, superstition. Croire est d’abord synonyme d’avoir une opinion : une opinion est une affirmation qu’on pose comme vraie mais qui n’est pas démontrée ou prouvée, en
tout cas pas encore. Synonyme aussi, alors, de préjugé.
Quelques définitions :
- religion :
a) étymologie : religare : lien qui relie les hommes à Dieu, et les fidèles entre eux ; relier, rassembler = fonction de lien social
b) Durkheim : « ensemble solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, i.e., séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en
une même communauté morale appelée Eglise ceux qui y adhèrent ».
Toute religion comprend des croyances, et des rites liés à celles-ci (aspect mental, et aspect pratique). Et repose sur la distinction sacré et profane. La fonction
de la religion serait de rassembler les hommes autour du sacré (sentiment d’étrangeté par rapport à une source énigmatique, d’où les sentiments de respect, de vénération, de crainte, de
fascination). Toute religion n’admet donc pas nécessairement l’existence d’un Dieu mais soit à une/ des divinité(s), soit du sacré ; plus on va vers « un » dieu, plus on s’éloigne du sens
originel de la religion. La religion, avant d’être foi, et foi en une ou plusieurs divinités, est avant tout un phénomène collectif, lié à l’existence de règles et de rites : d’où sa fonction
sociale. Elle a donc bien rapport davantage au sacré qu’à Dieu (qui apparaît tardivement dans la genèse des religions)
- théologie : discours sur Dieu (quelles sont ses propriétés ? comment
démontrer son existence ? ; il existe une théologie négative : on ne peut savoir que ce que Dieu n’est pas, puisqu’il est un être transcendant)
- distinction théisme/ fidéisme :
a) théisme : croyance rationnelle en l’existence de Dieu (recours à des preuves pour la démontrer)
b) fidéisme : la foi n’a pas besoin de la raison, de preuves, etc.
a) théisme : croyance rationnelle en l’existence de Dieu (recours à des preuves pour la démontrer)
b) fidéisme : la foi n’a pas besoin de la raison, de preuves, etc.
Les preuves principales de l’existence de Dieu :
a) ontologique (a priori) : la définition de Dieu comme être parfait prouve que Dieu doit exister car un être qui n’existe pas ne serait pas parfait
(St Anselme, Descartes)
b) téléologique (a posteriori) : le monde est organisé, ordonné, etc., donc, il doit y avoir une intelligence ordonnatrice.
b) téléologique (a posteriori) : le monde est organisé, ordonné, etc., donc, il doit y avoir une intelligence ordonnatrice.
- religion naturelle :
a) s’oppose à la religion révélée : tout homme, du fait qu’il est pourvu de raison, sait que Dieu existe (souvent, recours à preuve téléologique : l’ordre naturel renvoie à un grand architecte/ artiste, à un dessein) ; on ne pose que quelques propriétés
b) par suite, pas une religion parmi d’autres, mais le noyau commun de toute religion
- théodicée : comment justifier l’existence de Dieu face aux souffrances, au mal ? (ce qui sous-entend d’ailleurs que le monde
n’est pas aussi ordonné que ce que sous-entendent ceux qui adhèrent à la preuve téléologique); par exemple, comment croire en Dieu après Auschwitz ? quel Dieu a pu (ou aurait pu) laisser faire ça
? a) s’oppose à la religion révélée : tout homme, du fait qu’il est pourvu de raison, sait que Dieu existe (souvent, recours à preuve téléologique : l’ordre naturel renvoie à un grand architecte/ artiste, à un dessein) ; on ne pose que quelques propriétés
b) par suite, pas une religion parmi d’autres, mais le noyau commun de toute religion