Le vivant

Publié le par lenuki

Le vivant
 
 
Caractéristique du vivant
 
Le vivant n’est pas une pure mécanique
 
  • Dans une machine, le mouvement réglé des diverses parties aboutit à un effet
d’ensemble, tel que, par exemple, le mouvement d’aiguilles sur le cadran d’une montre. Dans un être vivant, tous les éléments ou organes sont interdépendants. Partant de là, on pourrait, comme Descartes, se représenter le vivant sur le modèle de la machine, mais c’est là faire peu de cas de l’extrême complexité d’un organisme vivant.
  • D’abord, le vivant a la propriété de se construire lui-même. Ensuite, chaque partie du
tout que constitue un organisme vivant peut-être considéré comme cause efficiente des autres parties. Par exemple, les organes de l’appareil digestif conditionnent le développement et l’entretien de ceux de l’appareil circulatoire. L’autorégulation et aussi, dans une certaine mesure, l’autoréparation caractérisent le vivant.
 
Le vivant semble poursuivre un but
  • Enfin, tout se passe comme si le vivant poursuivait un but : sa propre conservation
dans l’harmonie la plus complète possible avec le milieu extérieur avec lequel il entretient des rapports d’échange incessants. Quand un système non vivant est isolé ou placé dans un milieu uniforme, tout mouvement cesse généralement assez rapidement à cause de diverses espèces de friction.
  • En revanche le vivant ne cesse de se mouvoir et de retarder le retour à un état
inorganique en mangeant, buvant, respirant et, dans le cas des plantes, assimilant. C’est en ce sens que Xavier Bichat (1771-1802) définissait le vivant comme « l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort ».
 
Deux attitudes philosophiques opposées
 
Le mécanisme
  • Le mécanisme, qui ramène l’ensemble des phénomènes à une combinaison purement
physique, est réducteur.
  • Mais, on peut toutefois invoquer en sa faveur que la vie ne contient aucun composant
matériel spécifique. Ainsi, la chimie du vivant, centrée sur le carbone, est entièrement intégrable à la chimie générale. Autrement dit, s’il y a une organisation vivante, il n’y a pas de matière vivante.
 
Le vitalisme
  • Le vitalisme affirme que le vivant est animé d’une énergie propre, manifestant une
force spécifique qui tend à maintenir l’organisation. Le vitalisme permet d’éviter le risque de la réduction sommaire du vivant à une machine, mais il superpose au déterminisme l’hypothèse d’une force occulte incompréhensible.
  • De ce point de vue, il est préférable de constater, comme Kant, que tout se passe
comme s’il y avait une finalité interne à tout être vivant. Il n’est pas nécessaire d’affirmer que cette finalité est objective.
 
Le point de vue des scientifiques contemporains
 
La notion de programme : un nouveau modèle mécaniste
  • Au XXe siècle, les scientifiques affirment que l’origine des déterminations du vivant
se trouve dans un programme. Or, comme la nature moléculaire des gènes, porteurs du programme, n’est autre que celle des ADN et que ceux-ci peuvent être vus comme des messages codés inscrits dans un alphabet chimique où les lettres sont des molécules particulières, le lien entre la structure moléculaire des organismes et les ordinateurs programmés est établi.
  • La biologie se débarrasse ainsi des moindres restes de finalisme vitaliste et présente un
nouveau modèle mécaniste, plus satisfaisant.
 
La notion de code : ni finalité ni nécessité
  • Mais les développements les plus récents de la biologie tendent à remettre en cause la
notion de programme, encore trop marquée par l’anthropomorphisme et la finalité intentionnelle, celle de la tâche à accomplir pour laquelle le programme a été décrit.
La notion de code est préférable à celle de programme, car elle est impersonnelle et n’implique ni finalité ni nécessité. Des modèles d’évolution chimique récents essaient de rendre compte de la constitution du code génétique à partir de la fameuse « soupe primitive » qui régnait il y a plusieurs centaines de millions d’années. De tels modèles montrent comment un code génétique devait nécessairement émerger, du fait des interactions chimiques, mais qu’il aurait pu être différent, de façon imprévisible, de celui que les scientifiques découvrent aujourd’hui.
Le vivant serait donc le résultat de la nécessité et du hasard.

Publié dans raison et réel

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