La matière et l'esprit

Publié le par lenuki

Matière et esprit

 

 

Les rapports entre la matière et l'esprit

 

Matérialisme et spiritualisme

  • Par matière, on entend la réalité physique, extérieure et indépendante de la pensée ou de l'esprit. De la découle la question ontologique : qu'est-ce que l'être ? La réalité essentielle est-elle la matière ou l'esprit ?
  • Le  matérialisme soutient la primauté de la matière sur l'esprit. Etre matérialiste, c'est reconnaître l'existence des choses en dehors de l'esprit et considérer les sensations et les idées comme des copies ou des reflets de ces choses. Autrement dit, la matière détermine la pensée.
  • Par opposition, le spiritualisme affirme la primauté de l'esprit sur la matière. L'esprit est une réalité substantielle radicalement distincte de la matière.

 

Réalisme et idéalisme
  • Etre réaliste, c'est admettre l'existence d'une réalité objective (c'est-à-dire en dehors de l'esprit correspondant à nos représentations sensibles. Le réalisme naïf consiste à croire que la réalité objective est identique à nos représentations sensibles.
  • L'idéalisme, au sens rigoureux du terme, affirme que la matière se ramène à une idée ou à une représentation. Ainsi, pour le philosophe irlandais George Berkeley les choses ne sont que des combinaisons de sensations ou d'idées. Sa philosophie débouche sur le solipsisme.
  • Etymologiquement, solipsisme signifie « seul moi-même » (du latin solus, « seul » et ipse, « même »). Le solipsisme est une conception philosophique selon laquelle il n'y aurait pour le sujet pensant d'autre réalité que lui-même.

 

Dualisme et monisme
  • On caractérise comme dualiste une philosophie qui affirme l'existence de deux substances distinctes et irréductibles : la matière et l'esprit. Ainsi, par exemple, la philosophie de Descartes est dualiste parce qu'elle pose l'existence de l'âme (substance immatérielle dont toute l'essence est la pensée) et du corps (substance matérielle dont toute l'essence est l'étendue).
  • On caractérise comme moniste une philosophie qui affirme l'existence d'une seule substance : la matière ou l'esprit. Le matérialisme est moniste. L'idéalisme est également moniste.

 

L'immatérialisme de Berkeley

 

Etre, c'est être perçu

  • Berkeley Considère que la matière n'est qu'une représentation de l'esprit. Il n'existe pas des choses, mais seulement des combinaisons de représentations. Les objets que nous percevons, auxquels nous attribuons un caractère matériel, ne sont rien d'autres que les images que nous en avons. Les choses se réduisent aux perceptions que nous en avons. Elles ne sont pas une copie derrière laquelle nous aurions à retrouver l'original. Ce que Berkeley résume dans la formule : Esse et percipi (« Etre, c'est être perçu »).
  • Affirmer la réalité du pain, par exemple, c'est affirmer la réalité d'une couleur, d'une consistance, d'une saveur et rien de plus. Ce morceau de pain n'existe pas en dehors de sensations qu'il me procure. Ce qui existe, c'est ce qui est perçu par moi, c'est-à-dire un ensemble de qualités sensibles relatives au sujet.

 

Origine divine des représentations
  • Le sujet ne peut se débarrasser de lui-même pour considérer les choses comme si elles existaient indépendamment de lui. Il ne peut sortir de sa propre expérience ni saisir une chose ou un être qui ne lui soit pas donné comme représentation. Le mot matière n'est donc qu'un simple terme dépourvu de signification.
  • D'où vient donc cette multitude de représentations ordonnées en système que j'appelle l'univers ? Il ne reste plus qu'à en imputer l'origine à Dieu. Au lieu de dire que Dieu a créé la matière, il convient de dire que Dieu a mis en moi tout ce cortège de sensations à partir desquelles je construis mon image du monde.

 

L'efficacité de l'action humaine réduit l'immatérialisme à néant
  • Le système de Berkeley est sans doute le plus absurde qui soit mais, comme le souligne Diderot, il est le plus difficile à réfuter. Reste que ce système n'explique pas comment l'homme peut transformer le monde à son profit.
L'immatérialisme est difficile à soutenir pour quiconque se trouve contraint à l'action. Berkeley, dit Alain, « est un évêque à qui le dîner vient tout fait ».

Publié dans raison et réel

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