Faire son devoir, est-ce renoncer à sa liberté?

Publié le par lenuki

                                     Devoir et liberté

-l-enfer-du-devoir


Dans  notre société,  le devoir est perçu avec réticence (cf. valorisation de la liberté individuelle et de la revendication des droits).

Or dans la conquête de la liberté individuelle, le devoir a-t-il une place autre que contraignante, peut-il être perçu autrement que comme un dressage social ?

Cf. Kant lui-même : le devoir nous coûte toujours, il représente une certaine humiliation des désirs individuels, c’est pourquoi nous aurons toujours l’impression de ne pas l’accomplir de manière spontanée. Or, être libre, n’est-ce pas faire ce que l’on veut ?

Mais que voulons-nous réellement ? La discipline du devoir ne serait-elle pas au service d’un désir plus profond que nos désirs ponctuels de « faire ce que nous voulons » ? Notre liberté, laissée à elle-même, nous mène-t-elle au bonheur ? Ne doit-elle pas être encadrée pour ne pas se disperser, mais apprendre à se mettre au service d’un idéal ?

Enfin, en quoi consiste notre rapport au devoir ? Que vaut ce sentiment d’une obligation ? Quelle liberté avons-nous à son égard ? La fidélité au devoir n’admettrait-elle aucune souplesse ? Ne peut-elle conduire à des situations absurdes, voire immorales ?

Références

+ Kant :  -   cf. distinction indépendance/autonomie

-           Rigorisme kantien :   le devoir ne peut jamais être accompli spontanément

                                  Le devoir ne saurait souffrir d’exception

+ Nietzsche/ Freud : le devoir comme structure répressive

                     Nietzsche : oppose au devoir la liberté du « Surhomme »

                     Freud : oppose au devoir une écoute plus attentive des désirs


 

I. Le devoir comme structure de répression


+ le devoir réprime mon arbitraire, il entrave mon libre-arbitre, je ne peux donc pas faire ce que je veux

+ le devoir brime mon originalité. Cf. Kant : formulation universelle et impersonnelle du devoir, imposant des conduites homogènes. D’où : le devoir comme facteur de conformisme.

+ le devoir comme intériorisation de la pression sociale. Le « il faut » impersonnel du devoir résulte d’une intériorisation de la pression sociale : oubliant qu’il pourrait s’épanouir comme individu, le citoyen adopte un comportement utile à la société « parce qu’il le faut ».


2. Le devoir comme lieu de liberté


Mais n’est-ce pas dans la société que la liberté authentique trouve sa place, ne serait-ce que par la protection qu’y trouve l’individu ? Le devoir n’aurait-il pas, alors, une fonction favorable à la liberté ?

+ dominer les passions. Je ne peux connaître mes vrais désirs que si je ne suis pas aveuglé par des passions. Pas de liberté réelle sans maîtrise de soi.

+ se donner à soi-même sa règle. C’est ce que permet le développement de la rationalité, ce que Kant nomme l’autonomie. Je passe ainsi de mes désirs ponctuels, superficiels, à un vouloir exprimant mon humanité.

+ mais nous ne devenons pas pour autant de purs esprits (cf. dualité : êtres raisonnables, mais sensibles).

 

3. Le devoir, étape éthique


Le devoir est-il, cependant, le dernier mot de l’éthique, qui se réduirait alors à un ensemble de règles ?

+ le devoir ou la division maintenue. Si on définit la liberté comme le fait de vouloir entièrement ce que l’on fait, alors le stade du devoir ne peut apparaître que comme une première étape, celle de la discipline : le sentiment d’obligation trahit le fait que notre vouloir n’est pas encore bien unifié.

+ liberté et création de valeurs.  On pourrait alors penser que le devoir doit être dépassé en faveur de valeurs exprimant pleinement notre personnalité. Cf. Nietzsche : la liberté ne sera entière que « par delà le bien et le mal ». Mais le libre penseur qui aime à montrer qu’il est capable de ne pas respecter la loi ne propose pas pour autant quelque valeur positive que ce soit, c’est un nihiliste.

+ « aime et fais ce que voudras ». On peut cependant garder à la notion de devoir une valeur positive en rappelant sa dimension déontologique : il ne s’agit pas de prescrire à chaque fois telle ou telle action, mais d’exclure du champ de ce que nous pouvons vouloir un certain nombre de maximes. A partir de là, notre imagination peut exercer sa fonction créatrice, en se fondant sur la maxime de Saint Augustin, reprise par Rabelais : » aime et fais ce que tu veux ».

metaph des moeurs

 


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C

Bonjour,

Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

La Page No-13: LIBERTÉ TOTALE !

C'EST MATHÉMATIQUES ?

Cordialement

Clovis Simard


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