Faut-il limiter les libertés ?

Publié le par lenuki

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   Faut-il limiter les libertés ?

 

Définitions


Faut-il : Cela renvoie d’abord à l’idée de nécessité : est-il nécessaire de… ? Qu’est-ce qui peut contraindre à limiter les libertés ? De plus, le terme de nécessité ne semble-t-il pas s’opposer à celui de liberté ? Au fond, en ce qui concerne la limitation des libertés, nous n’aurions pas le choix. Pourquoi ?

Cela renvoie aussi à l’idée d’obligation, qui n’est pas contraire à celle de liberté, mais l’implique : doit-on… ? Quel type de devoir est ici concerné ? Au nom de quoi devrait-on limiter les libertés ? A quelles conditions une telle limitation peut-elle être légitime ?

Or au nom d’une éthique ou d’une morale, ne devons-nous pas nous autolimiter pour devenir des êtres moraux ? Donc parallèlement à des limitations externes, n’y aurait-il pas des limitations internes ? Si nous ne fixons pas des limites à notre liberté, ne confondons-nous pas alors liberté et licence


Limiter : Action de circonscrire, de restreindre. Ce terme s’oppose donc au terme de liberté, dont le principe incarnant l’indépendance est a priori de ne pas être contraint par une volonté extérieure.


Liberté : ce terme, en philosophie, a trois sens :

-          Libre-arbitre. Pourvoir mystérieux de choisir entre les motifs qui me sollicitent sans être déterminé par aucun d’eux.

-          Liberté de spontanéité. S’oppose, non plus au déterminisme, mais à la contrainte : état de celui qui agit sans être contraint par une force extérieure.

-          Liberté du sage. Etat de celui qui est délivré des passions et agit à la lumière de la raison.

Or il faut tenir compte du fait que le terme de liberté est utilisé au pluriel, dans la question posée. C’est pourquoi il faut se demander de quelles libertés il s’agit : libertés fondamentales correspondant aux droits fondamentaux tels qu’ils sont définis dans la Déclaration des droits de l’Homme ? Libertés politiques et sociales, c’est-à-dire collectives ? Libertés individuelles ? Libertés morales ? Ces libertés existent-elles déjà ou sont-elles à inscrire dans nos existences ?

De plus, si on pose la question, n’est-ce parce que certaines libertés peuvent apparaître comme dangereuses ? Pour qui ? Pourquoi ? Pour la société dans son ensemble ? Pour l’individu lui-même ?

 

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Problématique


Analyse du sujet

Il faut commencer par définir ce qu’est la liberté.

-          Etre libre, ce serait faire ce que l’on veut, selon l’opinion commune. Donc je ne serais libre qu’en l’absence d’obstacles, que si rien d’extérieur à ma volonté ne m’empêche d’agir. Ces obstacles peuvent être constitués par un autre, les autres en général ou des lois.

-          Mais être libre, c’est aussi pouvoir être maître de soi, c'est-à-dire être capable de dominer, en soi, désirs et passions. En effet, on peut être esclave de ses désirs ou de ses passions. En ce sens, pour être libre, il faut pouvoir choisir en étant maître de ses affects.

-          Enfin il faut distinguer liberté individuelle et liberté collective. Pour qu’un peuple soit libre, ne faut-il pas, selon Hobbes, limiter les libertés individuelles ?

Donc pour assurer la maîtrise de soi ou la possibilité de la vie en société, ne faut-il pas des limites aux libertés, qu’elles soient individuelles ou collectives ? Sans ces limitations, les rapports entre individus ne tourneraient-ils pas au conflit permanent menaçant l’exercice réel de leurs libertés ?


Problématisation

A priori, il peut apparaître paradoxal, voire contradictoire, de limiter les libertés ! Mais qui n’a jamais éprouvé la difficulté de supporter l’exercice intempestif ou abusif de leur liberté par certains autres, et pensé qu’il faudrait imposer des limites, ne serait-ce que par la loi ? Or qui dit loi dit imposition égale pour tous, c’est-à-dire pour soi-même aussi bien que pour les autres. A quelles conditions les limitations de la liberté peuvent-elles être justes ou légitimes ? De plus, la liberté définie comme absence totale d’obstacles ou de contraintes ne renvoie-t-elle pas à une liberté illusoire ou fantasmatique ? Définir, n’est-ce pas aussi limiter ? Pour qu’une liberté puisse être réalisée, ne faut-il pas qu’elle soit circonscrite ? Et cette réalisation peut-elle être effective sans obstacles ou contraintes ? La liberté est-elle absence d’obstacles (ce qui ne se peut) ou capacité de surmonter les obstacles qui se présentent ? Pour Sartre, n’est-ce pas notre liberté elle-même définie comme projet qui pose les obstacles que nous rencontrons ? Enfin une vie sociale est-elle pensable sans limitation des libertés, que ce soit d’un point de vue moral ou d’un point de vue politique ? En ce cas, ne faut-il pas que loin de nous être imposées de l’extérieur, ces limitations puissent être pensées par nous comme des nécessites ou comme des obligations, de telle manière qu’elles soient représentatives de notre autonomie d’êtres raisonnables ?

 

 

 

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