L'homme libre est-il nécessairement seul ?

Publié le par lenuki

           solitude     

 

L’homme libre est-il nécessairement seul ?


Le sujet posé semble articuler deux concepts (liberté, solitude) autour d’un adverbe (nécessairement) qui renvoie à une exclusion de toute liberté. Si la solitude est une nécessité pour être libre, on peut se demander où se situe la liberté…Mais n’est-il pas aussi nécessaire de manger pour vivre, par exemple ? Or loin d’exclure la liberté, n’est-ce pas au contraire ce qui en permet l’exercice ? N’en va-t-il pas de même en ce qui concerne la solitude ?


Analyse de la question

 On pense généralement que les autres, dans la société sont un obstacle à notre liberté. En effet, parce qu'il y a les autres, nous sommes sans cesse contraints. Les autres semblent alors être ceux qui limitent notre liberté. C'est en ce sens qu'on peut penser que pour être libre, il faut être seul et isolé dans la société. Mais :

-          La solitude ne supprime-t-elle pas seulement (jeu de mots involontaire… !) les contraintes liées à la vie en société ?

-          N’y a-t-il pas des Etats plus libres que d’autres ? Notre liberté, en ce sens, ne serait-elle pas liée à la vie sociale et politique ?

-          Qui désire vraiment vivre absolument seul, en toute indépendance (sauf à être misanthrope, ce qui constitue déjà un cas pathologique) ?

-          En ce sens, ne faudrait-il pas alors distinguer solitude, isolement et désolation ?

-          Enfin la solitude n’est-elle pas le prix à payer pour la liberté  (cf. Moustaki, Ma liberté : « Ma liberté / Toi qui m'as fait aimer / Même la solitude ») ?

-          Ne sommes-nous pas toujours seuls, d’une certaine façon,  dans les grands moments de toute existence humaine (naissance ou mort par exemple)? De plus, qui peut décider à ma place lorsque je suis à la croisée des chemins ?


Interprétations possibles de la question  

La solitude pouvant constituer soit le moyen soit la conséquence de la liberté, on peut donc lire le sujet de deux manières :

a) vouloir accéder à la liberté, ce serait comme le dit Moustaki « larguer les amarres »,  c’est-à-dire s’isoler, voire se séparer de la société. Mais cela n’engage-t-il pas une certaine conception de la liberté comme « absence de contraintes », que nous avons critiquée dans le cours comme pur fantasme ? N’y a-t-il pas des degrés dans la liberté réelle ?

b) Etre un homme libre, ce serait être un homme nécessairement seul, car :

+ assumer sa liberté conduit à se sentir seul

+ la société, ayant peur des esprits trop indépendants (cf. Nietzsche), les rejetterait

Enfin, cela exclut-il toute sociabilité ? Les relations avec autrui sont-elles nécessairement négatives, du point de vue de la liberté ? Ne peuvent-elles pas la conditionner, au contraire ? Autrui n’est-il pas le « médiateur indispensable entre moi et moi-même », comme l’affirme Sartre, pourtant penseur d’une liberté pleine et entière ?

 

liberté solitude


Démarche possible (pour traiter la question)

Celle-ci met clairement en relation deux concepts (liberté, solitude), en demandant si l’une implique nécessairement l’autre. Or n’y a-t-il pas présupposition d’une certaine conception (sans doute fausse ou, au moins, partielle) de la liberté ? N’est-ce pas ce qu’il convient d’interroger ?

1. Qu’est-ce qui relie liberté et solitude ? Ne serait-ce pas une certaine idée de la liberté comme « absence de contraintes » ?

2. Mais penser ainsi la liberté, ne serait-ce pas la réduire à n’être que pur fantasme sans contenu ni consistance ? Ne serait-ce pas aussi l’envisager en dehors de tout contexte social ? Or n’est-ce pas parce que nous sommes libres que je suis libre ? Quelle serait ma liberté si je vivais dans une société totalitaire ? La liberté n’est-elle pas, aussi, un problème politique (cf. Rousseau) ?

3. La liberté ne serait-elle pas plutôt dans l’autonomie (qui suppose la vie sociale) que dans l’indépendance (qui l’exclut) ? Comment pourrais-je me donner des règles à moi-même si je n’avais pas appris, au préalable, à obéir à des règles sociales ? N’est-ce pas grâce à la société que je suis devenu ce que je suis (cf. illusion du « self made man ») ? En ce sens, la sociabilité ne serait-elle pas une condition de la liberté, n’excluant aucunement la solitude (comme isolement) lorsque cela est …nécessaire ?

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B
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B
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C

Bonjour,

Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

La Page No-13: LIBERTÉ TOTALE !

C'EST MATHÉMATIQUES ?

Cordialement

Clovis Simard


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